Fumée et mauvaise qualité de l'air : pourquoi la pluie n'a pas tout réglé
Même après les orages et les bonnes quantités de pluie de mardi, la fumée des feux de forêt continue d'affecter plusieurs secteurs du Québec, notamment en raison d'un apport constant en provenance de l'Ontario et du Nord-ouest québécois. Détails fumants.
En résumé :
la pluie élimine une partie des particules, mais seulement de façon temporaire et locale;
la fumée continue d'être transportée vers le Québec par les vents, surtout depuis l'Ontario;
un avertissement de qualité de l'air est en vigueur pour le secteur de Chibougamau.
Pourquoi la pluie n'a pas fait disparaître la fumée
Les orages de mardi ont généré des précipitations parfois abondantes dans plusieurs régions. À Saint-Maurice, des secteurs ont reçu jusqu’à 60 mm de pluie, tandis que d'autres localités autour ont enregistré tout près de 40 mm. Cette pluie a effectivement permis de nettoyer une partie de l'atmosphère en capturant les fines particules de fumée. Toutefois, cet effet demeure limité dans le temps.
La raison est simple : pendant que la pluie évacuait une partie des particules, de nouveaux panaches de fumée continuaient d'être acheminés vers le Québec. Les vents dominants transportent d’ailleurs encore les émissions provenant des importants feux de forêt qui brûlent en Ontario, ce qui explique pourquoi un voile grisâtre, parfois orangé, est toujours visible dans le ciel du sud de la province.

Deux principales sources de fumée en cause
Un avertissement de qualité de l'air est actuellement en vigueur dans le secteur de Chibougamau, où la fumée provient principalement des incendies qui sévissent près de Waskaganish, dans le Nord-ouest québécois.
Plus au sud, ce sont surtout l'Outaouais et certains secteurs de l'ouest du Québec qui demeurent les plus exposés à la fumée en provenance de l'Ontario. La trajectoire des panaches suit la circulation atmosphérique, ce qui permet à la fumée de s'étendre bien au-delà des zones touchées par les incendies.

Une influence jusque sur les orages
La fumée n'a pas seulement dégradé la qualité de l'air. Elle a également eu un impact sur la météo de mardi. En filtrant une partie des rayons du Soleil, les particules ont limité le réchauffement du sol, réduisant ainsi l'énergie disponible pour alimenter les orages.

Ce qui n'a toutefois pas empêché plusieurs secteurs de recevoir d'importantes quantités de pluie, jusqu’à créer une véritable course de poubelles dans les rues de Sherbrooke.
Les autorités recommandent aux personnes plus vulnérables, notamment les jeunes enfants, les aînés et les personnes souffrant de maladies cardiaques ou respiratoires, de limiter le temps passé à l'extérieur tant que la qualité de l'air demeure dégradée. Comme on dit : un asthmatique avisé en vaut deux.

Avec la collaboration de Lucile Le Liboux, météorologue.
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