Les tornades sont parties en fumée : quand un élément complique la tâche

Les modèles étaient pourtant clairs : la journée de mardi aurait dû être encore bien plus mouvementée qu’elle ne l’a été. Explication.

Bilan surprenant

Lundi, tous les modèles pointaient dans la même direction; la journée de mardi s’annonçait très explosive au Québec. On parlait même d’une probabilité exceptionnelle de voir quelques tornades se former dans un couloir s’étirant de la Baie-James jusqu’à Lac-Mégantic. Ce n’est pas tout, les maximums attendus devaient tourner autour des 35 °C dans le sud du Québec. Or, malgré les orages costauds qui ont secoué la province ici et là, les dégâts n’ont pas été aussi importants que ceux anticipés. Mais que s’est-il passé? Il n’y a peut-être pas de fumée sans feu, mais il n’y a décidément pas de tornade lorsqu’elle est présente. Il y a anguille sous roche.

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Mardi, une masse d’air chaud et particulièrement humide a fait son entrée sur la province et l’énergie dans l’air était palpable dès la matinée. D'ailleurs, une veille de tornade avait été émise par Environnement Canada. D’impressionnantes averses ont traversé la région de la Capitale-Nationale et de Chaudière-Appalaches, en fin d’avant-midi. Près de Shawinigan, les orages ont fait tomber de gros grêlons et des quantités de pluie appréciables. La municipalité de Saint-Maurice a d’ailleurs reçu au moins 60 mm de pluie. À Sherbrooke, les averses étaient si intenses que des bacs de récupération ont fait la course dans les rues. Après une accalmie en fin d’après-midi, les orages ont repris de plus belle en soirée, cette fois-ci dans le sud et le centre du Québec. Toutefois, aucun signe de tornade.

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Intrus et ciel orange

Des millions de personnes s’en sont aperçus, le ciel est devenu orange durant plusieurs heures. Bien qu’il donnait des airs de film de science-fiction, un tel événement était simplement dû à l’humidité conjuguée à la fumée des feux de forêt provenant de l’Ontario. Par endroits, l’opacité de la fumée était si importante qu’on se serait cru aux petites heures en plein jour. Cette fumée n’a pas seulement coloré le ciel, elle a atténué les conséquences du passage du front froid. Sans elle, les températures auraient été plus élevées et l’énergie dans l’air encore plus abondante. Rappelons qu’un maximum de 34 °C était attendu pour Montréal, qui a finalement à peine franchi la barre des 30 °C. En Outaouais, on attendait 36 °C, quand le maximum atteint en journée a affiché 29 °C.

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La fumée, composée de milliards de particules microscopiques qui servent de noyaux autour desquels se forment les gouttelettes d'eau, a modifié la taille et le nombre de ces gouttelettes. En somme, la fumée a changé la façon dont les cellules orageuses ont évolué en ralentissant leur développement vertical. Elle a agi comme un couvercle qui a limité l'ascendance de l'air chaud, humide et instable. De plus, elle a bloqué les rayons du soleil et a ainsi limité la chaleur en surface. Ainsi, la fumée a atténué l’instabilité, altérant donc le potentiel de formation d'orages violents capables de produire des tornades.

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À VOIR : Pourquoi le ciel a cette couleur étrange?