
Une tique nous pique… on fait quoi?
L’automne est arrivé. On pensait que la menace était derrière nous. Hé bien non. La tique est tenace. Elle demeure active tant et aussi longtemps que les températures ne piquent pas du nez. Vous êtes surpris? Moi aussi.
Ce sont nos hivers de plus en plus doux qui permettent aux tiques de survivre plus facilement et de prolonger leur période d’activité.
Étonnamment, elles peuvent être actives de mars à décembre. En fait, dès que les températures oscillent entre 4 et 10 °C.
Pas de panique
Mais alors là, si une tique nous trouve et nous pique, est-ce qu’on doit paniquer? Voici ce qu’en pense Ariane Dumas, épidémiologiste et biologiste de recherche à l’Agence de santé publique du Canada.
« Non, il ne faut pas paniquer. Le premier réflexe, c’est de retirer la tique le plus rapidement possible. Plus on la retire tôt, plus on réduit le risque d’infection. »
Merci Ariane de me rassurer car le but n’est pas d’instaurer un climat de peur ou une « tique-anxiété ».
Le beau temps qui se prolonge nous incite à aller jouer dehors et profiter du plein air. Ça fait tellement de bien au moral qu'il ne faut pas s’en empêcher.
Oh que non Madame!
Il faut simplement adopter une routine de prévention au retour de nos escapades en forêt ou d’une session intensive de jardinage.
Les bons réflexes à adopter
porter des vêtements longs;
des vêtements de couleurs clair pour bien les repérer;
insérez votre chandail dans votre pantalon;
mettez vos bas par-dessus le bas de votre pantalon;
utiliser un insectifuge homologué contenant de l’icaridine;
rester dans les sentiers;
inspecter soigneusement son corps après une activité extérieure.
Les animaux domestiques peuvent aussi rapporter des tiques à la maison. Des traitements préventifs existent pour eux, mais ils ne sont pas homologués pour les humains. Du moins, pas pour l’instant.
Parmi les solutions émergentes, certains vêtements imprégnés de perméthrine déjà utilisés par des travailleurs forestiers et des employés de la SEPAQ peuvent aider à réduire les risques d’attachement des tiques.
La sécheuse à la rescousse
L'Agence de la santé publique du Canada recommande d’utiliser la sécheuse comme mesure d'hygiène et de prévention au retour d’une activité extérieure dans des zones à risque, comme les herbes hautes et la forêt.
« L’idéal, quand on rentre à la maison, est de mettre tous les vêtements dans la sécheuse pendant au moins 10 minutes à haute température. La chaleur intense et l'air sec tuent rapidement les tiques cachées dans les fibres. Aussi, prenez un bain ou un douche afin de bien vous inspecter. » - Ariane Dumas
Petit conseil, si les vêtements sont mouillés, mettez-les dans la sécheuse pour les sécher complètement, ensuite rajouter de 10 à 60 minutes supplémentaires à haute température pour s'assurer de tuer les possibles tiques. Fait à savoir, l'humidité leur permet de survivre plus longtemps.
Les cachettes préférés des tiques
Les endroits à inspecter sont:
les jambes;
l’arrière des genoux;
les aisselles;
l’aine;
le cuir chevelu;
et derrière les oreilles.
« Si une tique est trouvée, il faut la retirer rapidement avec une pince fine ou un crochet spécialisé, puis désinfecter la zone et surveiller l’apparition de symptômes. » - Ariane Dumas
N’oubliez pas d’inspecter votre dos, soit à l’aide d’un miroir ou demandez à quelqu’un de vous aider!

Comment retirer une tique?
Tout d’abord, évitez de la retirer avec vos doigts. L’appareil buccal de la tique, qu’on appelle un rostre, est entouré de petits crochets microscopiques qui lui permettent de bien s'accrocher à la peau.
Si vous prenez vos doigts, vous risquez d'écraser son abdomen.
Le mieux est d’utiliser une pince à pointe fine. Propre. Votre pince à sourcils est trop large et moins précise.
« On place la pince le plus près possible de notre peau. On tire fermement vers le haut pour la retirer en essayant de ne pas la briser. On nettoie ensuite la zone avec de l’eau et du savon. On prend note de la date de la piqûre et on surveille les symptômes au cours du prochain mois. » - Ariane Dumas
Les crochets à tiques, vendus en pharmacie et dans les animaleries sont aussi une bonne alternative.
Ils ressemblent à de petits pieds de biche. En le tournant, les petits crochets situés sur le rostre de l’insecte vont se déloger de la peau et rendre le retrait de la tique plus facile.
Piqûre… et non morsure
Petit détail scientifique intéressant : on devrait parler de « piqûre » de tique et non de morsure.
Pourquoi? Parce que l’insecte utilise un appareil buccal, qu’on appelle un rostre, comparable à un harpon pour pénétrer la peau.
Charmant comme image non?
✅ Sites de références:
Comment retirer une tique de façon sécuritaire:
👉 Agence de la santé publique du Canada
Guide d’identification des tiques du Québec:
👉 Institut national de santé publique du Québec (INSPQ)
Carte des zones à risque au Québec :
👉 Institut national de santé publique du Québec (INSPQ)
Plateforme d’identification de tiques disponible sur le web et via votre application mobile:
👉 eTick
