Le « super El Niño » s'intensifie encore et prend de l’ampleur
Le phénomène El Niño est loin de s’essouffler dans le Pacifique équatorial et a même atteint un nouveau sommet pour la température de l’eau en surface dans la zone surveillée de près par les scientifiques.
En bref :
L'anomalie hebdomadaire a grimpé à +2,5 °C dans la zone clé Niño 3.4 le 26 octobre;
La température de l'eau en surface a atteint un sommet inédit de 30,19 °C;
Le phénomène s'étend largement avec une anomalie de +4,4 °C près des côtes sud-américaines (zone Niño 1+2).
El Niño continue de gagner en puissance
Au début d'octobre, l'écart par rapport à la normale dans la zone de référence Niño 3.4 se situait à +2,3 °C. Plutôt que de se stabiliser, comme le suggéraient certains modèles météorologiques, la NOAA (l’agence américaine d’observation océanique et atmosphérique) indique que la semaine se terminant le 26 octobre montre une nouvelle hausse de l'anomalie hebdomadaire à +2,5 °C.

« Il faut toutefois faire attention : cet écart de +2,5 °C est évalué sur une base hebdomadaire, et non sur plusieurs mois comme le veut la définition officielle d'un épisode El Niño », précise le météorologue Bertin Ossonon. Malgré tout, cela indique qu’on n’a peut-être pas encore atteint le plateau de réchauffement.
Rappelons que l’on parle d'El Niño lorsque la température de surface de l'eau dans une zone clé du Pacifique équatorial (la zone Niño 3.4) dépasse la normale d'au moins 0,5 °C durant plusieurs mois. Quand cette anomalie franchit le seuil des +2 °C — un cap déjà dépassé pour des périodes hebdomadaires —, les météorologues le qualifient de « super El Niño ».
Ce réchauffement majeur bouscule la circulation atmosphérique mondiale, influençant les régimes de précipitations, de sécheresse et les températures globales.
30,19 °C en surface : un nouveau record
Un nouveau record aurait également été atteint le 27 octobre, selon des données préliminaires, alors que les eaux de surface de la région Niño 3.4 ont atteint 30,19 °C, surpassant nettement le sommet précédent de 29,8 °C enregistré à la mi-novembre 2015.

Au-delà de son intensité remarquable, ce « super El Niño » prend également de l’ampleur. Le réchauffement observé s'étire sur une immense étendue du Pacifique équatorial et jusque sur les côtes de l’Amérique du Sud. On a d’ailleurs observé une anomalie de +4,4 °C dans le secteur Niño 1+2, le long des côtes de l'Équateur.

Avec plus de 83 % de chances de demeurer un épisode « fort » à « très fort » jusqu'à la période de janvier-février-mars 2027, selon la NOAA, El Niño n’a pas fini de nous en faire voir de toutes les couleurs.
Avec la collaboration de Bertin Ossonon, météorologue.