Séries : les Canadiens ont-ils plus de succès lors de printemps frais?
Les drapeaux aux couleurs du Bleu-Blanc-Rouge fixés aux fenêtres de nombreuses voitures s’agitent dans le vent. Nul doute possible : c’est le printemps et les séries éliminatoires de la Ligue nationale de hockey s’entament pour les Canadiens de Montréal! Et si on pouvait faire un lien entre la météo et le succès du Tricolore? Explications.
En bref :
Les printemps doux ont tendance à être plus victorieux pour les Canadiens de Montréal;
Des printemps moins mouillés semblent généralement porter chance au Tricolore;
Les bordées de neige tardives sont aussi significatives.
Les débuts d’une légende
Le 30 mars 1916, l’équipe de hockey des Canadiens de Montréal remporte sa toute première Coupe Stanley contre les Rosebuds de Portland. Les partisans ne se sont certainement pas empêchés de célébrer cette belle victoire, malgré une météo pas trop clémente. « Il s’agit d’un des mois de mars les plus froids de la première moitié du 20e siècle, avec une moyenne de 2,8° sous la normale, selon des données enregistrées de 1881 à 1910 », explique Patrick Duplessis, météorologue. La météo des séries éliminatoires de 1916 peut sembler bien anodine, 110 ans plus tard, mais elle contribue à sa façon à des statistiques intéressantes…

Oui, cette première conquête a été obtenue lors d’un temps plutôt froid, mais sur les 24 victoires, à ce jour, de la Coupe Stanley des Canadiens de Montréal, 16 ont été réalisées lors de printemps plus doux que la normale saisonnière. Et surprise : pour la première moitié de la saison printanière actuelle, dans le sud du Québec les températures se sont maintenues près ou légèrement au-dessus des normales. C’est le cas notamment pour la région de Montréal qui enregistre un écart de +0,5° avec la normale.

Pour l’instant, on peut donc conclure que le printemps actuel est doux, même si c’est légèrement.
Telle une pluie de confettis
L’autre question qu’on peut se poser : le ciel a-t-il tendance à avoir l’humeur à la fête, lors des succès en finale de la Coupe Stanley du Tricolore ou est-il plutôt capricieux? « Les printemps victorieux pour les Canadiens ont généralement été moins copieux que la moyenne sur le plan des précipitations, autant au niveau de la pluie que de la neige. Quand on calcule la moyenne de neige et de pluie au printemps pour tout le 20e siècle, on obtient 54 cm et 177 mm, respectivement. Lors des 24 saisons où les Canadiens ont remporté la Coupe Stanley, on est un peu en dessous, avec 44 cm et 165 mm », observe Patrick Duplessis.

Jusqu’à maintenant, ce printemps est assez actif côté précipitations. Presque toutes les régions de la province ont reçu plus de précipitations, sous forme de neige ou de pluie, qu’à leur habitude. Par exemple, pour Montréal on parle d’un printemps 130 % plus mouillé que sa normale (pour la première moitié de la saison). Côté précipitations, ça ne serait donc pas nécessairement un « bon signe » pour les séries de cette année…
Quand la neige est tardive… et festive
Vers la fin du printemps, on commence à être un peu moins réjoui de voir de la neige. Mais voilà qu’on peut apporter une observation intéressante à ce niveau… « Lors de la plus récente conquête de la Coupe Stanley par les Canadiens, en 1993, Montréal a connu deux bordées tardives : le 13 mars, puis le 1er avril, lors du début des séries », se souvient Réjean Ouimet, météorologue. À noter qu’en 1959 et 1976, des précipitations de neige tardives sont survenues en mai, lors de saisons où les Canadiens ont aussi été les grands vainqueurs des séries.

Devrions-nous souhaiter de la neige au cours des prochaines semaines à Montréal? Pas nécessairement… « Les bordées tardives ne sont pas à toute épreuve pour les Canadiens. Lors de la saison de 2010, 30 cm de neige se sont abattus sur Montréal le 27 avril et le Tricolore a perdu en finale de conférence de l'est contre les Flyers de Philadelphie », souligne Patrick Duplessis.

Ainsi, quelle serait la réponse à notre question initiale : les Canadiens de Montréal ont-ils plus de succès en séries lors de printemps frais? Eh bien, avec ces statistiques à la fois pertinentes et amusantes à l’appui, la réponse qu'on peut avancer est « non »; les Canadiens ayant été victorieux plus souvent lors de printemps plus doux. La saison légèrement un peu plus douce que la normale qu’on connaît jusqu’à maintenant pourrait donc leur porter chance. Le reste, ça va se jouer sur la glace!
Avec la collaboration de Patrick Duplessis et Réjean Ouimet, météorologues.
