Fort El Niño : il continue de surprendre et c'est loin d'être terminé
El Niño est désormais officiellement considéré comme fort. Une étape attendue par les scientifiques, mais dont les conséquences pour le Québec restent encore à préciser. Détails tout aussi forts.
En résumé :
l'anomalie relative atteint +1,5 °C, le seuil officiel d'un fort El Niño;
la NOAA utilise désormais un nouvel indice qui offre un portrait plus représentatif de l'intensité du phénomène;
des répercussions qui se feront sentir au Québec dans les prochains mois.
Petit rappel : qu’est-ce que El Niño
El Niño est un phénomène climatique naturel caractérisé par un réchauffement anormal (au moins 0,5 °C) des eaux de surface du Pacifique équatorial, au large de l'Amérique du Sud. Cet événement peut perturber la circulation atmosphérique mondiale et influencer la météo jusqu'au Québec.

Le cap du fort El Niño est atteint
Les plus récentes analyses confirment qu'El Niño poursuit sa montée en puissance. L'anomalie relative observée dans le Pacifique équatorial atteint maintenant +1,5 °C, ce qui permet de classer officiellement l'épisode dans la catégorie des forts El Niño. Cette évolution correspond aux prévisions émises il y a plusieurs mois et confirme que le phénomène continue de gagner en intensité.

La mesure est effectuée dans la région de référence Niño 3.4, située au centre du Pacifique équatorial. « Fait intéressant, les eaux sont encore plus chaudes dans la région Niño 3, un peu plus à l'est, signe que le réchauffement demeure particulièrement marqué dans une vaste portion de l'océan le long de l’équateur », précise le météorologue Kevin Cloutier.
Une nouvelle façon de mesurer El Niño
Ce franchissement de seuil revêt une importance particulière, puisqu'il est établi à l'aide du nouvel indice relatif adopté par la NOAA. Contrairement à l'ancienne méthode, qui comparait uniquement les températures de la région Niño 3.4 à la moyenne climatique, ce nouvel indice tient également compte des températures observées dans l'ensemble des eaux tropicales.

Cette approche permet d'obtenir une image plus fidèle de l'intensité réelle d'El Niño dans un climat où les océans sont globalement plus chauds. Autre avantage, elle évite de surestimer certains épisodes d'El Niño ou, à l'inverse, de sous-estimer les épisodes de La Niña.

Quelles conséquences pour le Québec?
Bien qu'El Niño soit officiellement fort, prévoir ses effets sur le Québec reste difficile, surtout en ce moment. C’est que depuis le 1er juin environ, la région Niño 3.4 enregistre quotidiennement des températures inédites pour la période depuis 1981. Cette situation sans précédent complique l'évaluation des impacts en plaçant le phénomène en territoire inconnu.
Les météorologues de MétéoMédia poursuivent actuellement leurs analyses afin d'évaluer ce qu'un fort El Niño pourrait signifier pour les températures, les précipitations et les grands régimes météorologiques de l'automne. Les réponses viendront dans notre prévision saisonnière de l'automne, qui sera dévoilée le 9 septembre prochain.
Avec la collaboration de Kevin Cloutier, météorologue.
