60 degrés plus froid : le Québec au centre d’un contraste extrême
Le froid polaire et la canicule estivale ne sont pas très éloignés l’un de l’autre cette semaine. Un écart de 60 degrés du Québec à Washington. Explications.
En bref :
Le maximum pourrait atteindre 35° à Washington cette semaine;
Le minimum à atteint -30° mardi au parc national des Pingualuit, au Québec;
Le sud de la province se situe quelque part entre ces deux extrêmes;
Chute brutale des températures à prévoir lundi prochain.

Canicule dans le nord-est
Alors que l’hiver refuse de quitter plusieurs régions du Québec, l’été a frappé un grand coup en arrivant au beau milieu du printemps dans le nord-est des États-Unis. Plusieurs villes vont observer des températures dignes d’une canicule estivale cette semaine. Ça va s’étirer sur plusieurs journées par ailleurs. On parle de maximums dépassant les 30° à New York et Philadelphie, et frôlant les 35° à Washington jeudi.

C’est un contraste saisissant entre le nord-est des États-Unis et le nord du Québec. En l’espace d’à peine plus de 2000 kilomètres, on passe d’une canicule digne de juillet à des conditions encore franchement hivernales. La douceur chez nos voisins du sud est alimentée par une masse d’air chaud qui remonte du sud, propulsée par un flux méridional bien établi. Résultat : une ambiance estivale alors que le calendrier indique encore le printemps.
Le Québec entre deux saisons
Au Québec, le contraste est moins spectaculaire, mais tout de même frappant. Dans le sud de la province, incluant Montréal et Québec, les températures seront beaucoup plus modestes qu’aux États-Unis, oscillant généralement entre 5 et 15°. Le sud du Québec se trouve à la frontière entre deux masses d’air :
l’air chaud qui tente de remonter depuis les États-Unis;
et l’air plus froid toujours bien installé au nord.
L'air froid va d'ailleurs faire sentir sa présence après le week-end. Le maximum pourrait passer sous la barre des 5° en début de semaine prochaine.

L'hiver au nord
Ce combat de tir au poignet maintient des conditions variables, typiques d’un printemps québécois. Pendant ce temps, dans le nord du Québec, notamment au Parc national des Pingualuit, l’hiver domine toujours. Les températures y restent largement sous la barre des -10°, et ont atteint -30° mardi, avec des conditions de blizzard par endroits. Plusieurs secteurs pourraient voir des minimums pouvant atteindre -25° cette semaine, avec un couvert de neige encore bien présent. La neige est un élément qui agit d’ailleurs comme un climatiseur naturel. Elle réfléchit une grande partie du rayonnement solaire et limite le réchauffement de l’air ambiant. Même lorsque le soleil gagne en puissance au printemps, son effet est fortement atténué.

Le grand écart
Au total, la différence de température entre Washington et le nord du Québec pourrait atteindre les 60 °C cette semaine. Un rappel frappant de la diversité climatique du continent, surtout en période de transition saisonnière. Même si des contrastes de températures importants ne sont pas rares au printemps, leur intensité cette semaine les rend carrément exceptionnels.
Avec la collaboration de Kevin Cloutier, météorologue.
