150 jours de records consécutifs : du jamais vu dans nos océans

Depuis le début de l’été, la température de surface des océans de la planète bat des records jour après jour. Cette série sans précédent est alimentée en bonne partie par un El Niño d’une rare intensité.

En résumé :

  • la température moyenne des eaux de surface se maintient au-dessus de tous les records depuis juin;

  • El Niño, avec des anomalies de 7 à 8 °C par endroits dans le Pacifique, tire la moyenne mondiale vers le haut;

  • des eaux plus chaudes réchauffent l’air et donnent plus de carburant aux systèmes météo.

Une série qui refuse de s’arrêter

Selon la plus récente mise à jour, la température moyenne des eaux de surface à l’échelle du globe atteint 21,05 °C. Depuis juin, la courbe file loin au-dessus de celle de 2025 et des anciennes marques, comme un coureur qui aurait pris trois tours d’avance. Elle a culminé vers la fin août et redescend maintenant, comme c’est normal à ce temps-ci de l’année, mais sans jamais rejoindre la normale pour autant.

150 jours de records consécutifs : du jamais vu dans nos océans

El Niño, le calorifère du Pacifique

Le principal suspect se trouve au cœur du Pacifique équatorial. Par endroits, l’eau y est de 7 à 8 °C plus chaude que la normale. Le Pacifique Nord est lui aussi plus chaud qu’à l’habitude, ce qui aide à expliquer la saison très achalandée des systèmes tropicaux dans le Pacifique Est. Mais El Niño ne fait qu’en rajouter : comme le rappelait le météorologue Kevin Cloutier, le moteur de fond du réchauffement reste le changement climatique.

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Quelques glaçons dans la soupe

Tout n’est pas rouge pour autant. Des secteurs plus frais que la normale apparaissent au large de l’Australie, dans l’Atlantique Nord entre les Maritimes et l’Europe, en Méditerranée orientale (surtout près de la Grèce) et au large du Moyen-Orient. Des glaçons dans une soupe très chaude, ça se remarque, mais ça ne refroidit pas tout le bol.

Quand l’océan chauffe, l’air suit

Un océan plus chaud réchauffe l’air au-dessus de lui. Et un air plus chaud peut contenir davantage d’humidité, si bien que les systèmes ont plus d’eau à déverser. Autrement dit, l’éponge grossit… et elle finit toujours par être tordue quelque part.

150 jours de records consécutifs : du jamais vu dans nos océans

Les océans poursuivront leur descente saisonnière cet automne. Mais tant qu’El Niño gardera la main sur le thermostat, les records risquent de continuer à tomber… comme les feuilles en automne.

Avec la collaboration de Nicolas Lessard, météorologue.

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