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L'hiver du Québec déréglé

Les changements climatiques changent la face de l’hiver québécois


Joey Olivier
Chef contenu éditorial - MétéoMédia

Mardi 28 octobre 2014 à 2 h 01 -

Les changements climatiques favorisent les phénomènes météo extrêmes à travers le monde. L’hiver québécois n’échappe pas à cette réalité. D’année en année, la saison froide a tendance à se dérégler. 


« La règle veut que la fréquence des phénomènes météo extrêmes augmente. Il y a également une nouvelle répartition des précipitations vers le nord du Québec », dit Patrick de Bellefeuille, météorologue et spécialiste en environnement à MétéoMédia. 

Au cours des dix dernières années, la province est passée d’un extrême à l’autre. Par exemple, l’hiver 2007-2008 a été marqué par des accumulations et un nombre de chutes de neige exceptionnelles au Québec et en Ontario. La ville de Québec a reçu plus de 550 cm de neige cette année-là. Plusieurs sites de dépôts à neige ont manqué d’espace dans certaines municipalités. 

Trois ans plus tard, un scénario complètement opposé s’est produit durant l’hiver 2011-2012. La saison froide a commencé avec un mois de retard et le mercure s’est mis à grimper de manière fulgurante en mars. Les températures ont alors dépassé la barre des 20 °C, atteignant même un sommet de 25 °C en Montérégie et en Outaouais. Au cours de cette chaleur historique, certains phénomènes inhabituels pour le mois de mars ont eu lieu. Des régions ont connu leurs premiers orages, tandis que certaines ont ressenti l'effet de l’humidex. 

Difficile de passer sous silence les inondations historiques du printemps 2011 en Montérégie. En fait, cette catastrophe, durant laquelle plus de 3000 résidences ont été inondées, avait notamment été causée par des chutes de neige historiques dans le bassin du lac Champlain (chaîne de montagnes des Adirondack). 

Conséquence ? La fonte de la neige a provoqué des niveaux jamais atteints dans la rivière Richelieu. Les vents ont aussi aggravé l’ampleur du phénomène. 

Des impacts reconnus

Plusieurs de nos institutions reconnaissent désormais que le Québec vit des conséquences directes des changements climatiques. 

Le ministère du Développement durable, Environnement, Faune et Parcs fait partie du lot. Sur son site Internet, le ministère indique que « l’augmentation des GES pourrait se traduire, d’ici 2050, par une hausse des températures pouvant atteindre 5 °C au sud et 9 °C au nord, principalement en hiver ». 

Cette variation a inévitablement un impact sur la forme, la fréquence et l’intensité des précipitations (neige, pluie, pluie verglaçante). 

« Il ne faut pas penser que les changements climatiques feront en sorte que nous n’aurons plus de neige. Les tempêtes de neige ne disparaîtront pas. Par exemple, si l’on avait une moyenne annuelle de 3 tempêtes dans une région donnée, il est possible qu’une seule tempête ait lieu une année, et que l’année suivante, il y en ait six. C’est ce genre de scénario plus extrême qui nous attend », ajoute M. de Bellefeuille. 

Lors de l’hiver 2011-2012, la saison des amateurs d’activités extérieures a été catastrophique en raison du manque de neige. Cette situation extrême a donné un signal clair que le climat hivernal vit une transformation au Québec. « Dans le sud, les stations de ski pourront toujours fabriquer de la neige, mais les pistes de motoneiges et de ski de fond en souffriront », conclut Patrick de Bellefeuille. 

Quelques extrêmes en faits

  • Le mois de décembre 1996 a été chaud. On a enregistré des températures moyennes de -1,3 °C à Montréal, alors que la normale est de -6,3 °C. Cette année-là, il avait fait 7,2 °C dans la métropole le 24 décembre
  • Le 6 décembre 2001, il a fait 18 °C à Montréal, 13.2 °C à Québec et 15,5 °C à Sherbrooke.
  • En 2011-2012, le début de l’hiver a été inhabituel au Québec. La première tempête de neige de l’année a eu lieu à la mi-janvier. Les régions du Bas-Saint-Laurent et de la Gaspésie ont reçu 25 cm. 
  • En 2007, la municipalité de Kuujjuaq, dans le nord du Québec, a connu une série de 25 mois consécutifs avec des températures au-dessus de la normale, de février 2005 à février 2007 inclusivement.
  • À la fin de mars 1998, près de 4000 Québécois ont été forcés d'abandonner leur maison en raison du niveau inquiétant des eaux, de la plus importante chute de neige de la saison, combinée à un dégel hâtif. Le niveau de la rivière Châteauguay a atteint vingt fois sa hauteur normale pour battre tous les anciens records. Pour certaines des personnes, c'était la deuxième fois en 10 semaines qu'ils devaient évacuer leur résidence, déjà éprouvée par la tempête de verglas.

Les inondations du printemps 2011 en Montérégie. (Photo : Caro) 

En mars 2012, une vague de chaleur historique a confirmé que l'hiver québécois subit une transformation importante. (Photo : Roger Hebert)



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