Jusqu'à 20 étoiles filantes à l'heure : c'est cette semaine
La plus ancienne pluie d’étoiles filantes connue va atteindre son apogée cette semaine. Certains secteurs pourraient être gâtés par un ciel dégagé.
En bref :
Les Lyrides vont atteindre leur pic d’activité durant la nuit du 21 au 22 avril;
On pourrait voir jusqu’à 20 météorites à l’heure;
Le ciel devrait être dégagé dans le sud et l'ouest du Québec dans la nuit du 22 au 23 avril;

De plus en plus de météorites
Si vous croyez avoir vu plus de boules de feu dans le ciel ces derniers jours, vous n’avez pas la berlue: la Terre traverse actuellement un vaste courant de débris laissé par une ancienne comète. Résultat : le nombre de météorites qui entrent dans l’atmosphère s’intensifie à l’approche du pic des Lyrides.
Une comète malpropre
Depuis le 14 avril, notre planète pénètre dans un nuage dense composé de glace, de poussières et de petits fragments rocheux issus de la comète C/1861 G1 (Thatcher). Cette comète se trouve actuellement bien au-delà de l’orbite de Pluton et ne reviendra à proximité de la Terre qu’en 2283. Mais elle laisse une trace de ces débris partout où elle passe.
Chaque année, durant la deuxième moitié d’avril, l’atmosphère terrestre balaie ces débris. La Terre avance à plus de 100 000 km/h autour du Soleil, ces particules pénètrent donc à très grande vitesse dans les hautes couches de l’atmosphère, compriment l’air sur leur passage, produisant un bref éclat lumineux : une étoile filante.
Observées depuis 2 700 ans
Comme ces météores semblent provenir d’un même point dans le ciel, situé près de la constellation de la Lyre, on parle de la pluie des Lyrides. Il s’agit de la plus ancienne pluie d’étoiles filantes répertoriée. Les premières observations remontent à plus de 2 700 ans. Comme la plupart des pluies de météores, les Lyrides suivent un cycle bien défini. L’activité est d’abord faible, avec seulement quelques météores à l’heure. Elle augmente ensuite progressivement à mesure que la Terre atteint la portion la plus dense du courant de débris, avant de diminuer de nouveau en fin d’événement.
Une courte période
Chaque année, la Terre entre dans ce courant le 14 avril. Le maximum est prévu dans la nuit du 21 au 22 avril, et la pluie s’éteint vers le 30 avril. Le spectacle est visible du crépuscule jusqu’à l’aube. Le radiant, soit le point d’origine apparent des météores, se situe juste au-dessus de l’horizon nord-est après le coucher du soleil. Il s’élève ensuite graduellement dans le ciel, accompagné de l’étoile brillante Véga, pour atteindre son point le plus élevé juste avant le lever du jour.
Jusqu'à 20 à l'heure
Au moment du pic, on peut observer jusqu’à une vingtaine de météores par heure. La plupart sont discrets et très rapides, mais certains se démarquent par leur éclat. Bien que les Lyrides soient considérées comme une pluie d’intensité modérée, elles offrent parfois un spectacle remarquable : des boules de feu particulièrement lumineuses. Une boule de feu est un météore dont l’éclat rivalise au minimum avec celui de la planète Vénus. Certaines peuvent être visibles sur des centaines de kilomètres.

La Lune fait sa part
Ces phénomènes sont relativement fréquents durant les Lyrides en raison de la vitesse élevée des débris de la comète Thatcher. Même un fragment à peine plus gros qu’un grain de poussière peut alors tracer une ligne lumineuse spectaculaire. Bonne nouvelle pour les observateurs : ces boules de feu peuvent parfois être visibles malgré la pollution lumineuse des zones urbaines. La lune ne sera qu’à demi-pleine cette semaine et se couchera avant 2 h AM. Le ciel sera ainsi bien sombre en fin de nuit pour une observation optimale.

Ciel dégagé mais froid
Parlant de ciel dégagé, seules les régions aux deux extrémités du Québec, soit à l’ouest et à l’est du territoire, seront gâtées lors de la nuit du 21 au 22. Cependant, dès le lendemain (22 au 23 avril), alors que l’intensité de l’activité météorique sera presque identique à celle de la veille, le sud et l’ouest de la province devraient avoir un ciel dégagé. On parle de l’Abitibi-Témiscamingue, les Laurentides, l’Outaouais, la région de Montréal et la Mauricie. On va devoir s’habiller chaudement pour assister au spectacle, car les températures risquent d’être tout près du point de congélation.

Avec la collaboration de Dr Patrick Duplessis, météorologue.
