L'indice UV, c'est quoi au juste?
On le voit souvent dans les prévisions estivales: l'indice UV. Un simple nombre, de 1 à 11 et plus, qui peut pourtant en dire long sur le risque de coup de soleil. Explications.
Les rayons UV n'ont pas froid
Contrairement à ce qu'on pourrait croire, l’indice UV n’a rien à voir avec la chaleur. Il indique uniquement la force du rayonnement ultraviolet qui atteint la surface de la Terre et sa capacité à endommager la peau et les yeux. Plus l'indice est élevé, plus il faut se protéger car les effets pourraient apparaître rapidement.
Un calcul basé sur plusieurs facteurs
L'indice UV est loin d’être établi de façon approximative. Inventé en 1992 par Environnement Canada, il est mesuré chaque jour par un réseau de spectrophotomètres, et il repose sur une estimation de la quantité de rayons ultraviolets qui parviennent jusqu'au sol, en tenant compte de leur effet réel sur le corps humain. Plusieurs éléments entrent en jeu:
la hauteur du soleil dans le ciel;
la quantité d'ozone dans l'atmosphère;
la présence de nuages;
l'altitude;
la réflexion des surfaces, comme la neige, l'eau ou le sable;
certaines particules dans l'air, comme les aérosols ou la pollution.
Parmi tous ces facteurs, le plus important est habituellement l'angle du soleil. Quand il est haut dans le ciel, ses rayons traversent la couche atmosphérique de façon perpendiculaire à la surface de la Terre, donc moins d'atmosphère durant son parcours. Ils sont donc moins filtrés par l’air. Résultat: davantage d'UV atteignent le sol. Le chiffre obtenu avec ces facteurs et les spectrophotomètres est converti en échelle pratique:

Pourquoi la saison change tout
C'est pour cette raison que l'indice UV est généralement plus fort en été, autour du midi solaire et dans les régions où le soleil grimpe plus haut dans le ciel, soit près de l’équateur, ou du moins entre les deux lignes des tropiques (Cancer et Capricorne).
Au printemps, le piège est fréquent: l'air peut être encore frais, mais le soleil devient déjà assez puissant pour faire monter l'indice UV. On a alors moins le réflexe de se protéger, alors que le risque est bien réel.
En hiver, l'indice est souvent plus faible, surtout au Canada. Mais cela ne veut pas dire qu'il devient négligeable. En montagne ou en présence de neige, l'exposition peut augmenter parce que le sol réfléchit une partie des UV.

Les nuages ne bloquent pas toujours les UV
Un ciel couvert ne signifie pas pour autant qu'on est à l'abri. Des nuages épais peuvent réduire l'intensité des UV, mais des nuages fins ou dispersés en laissent souvent passer une bonne partie. Dans certaines situations, les nuages fragmentés peuvent même accentuer temporairement le rayonnement reçu, en diffusant la lumière autour de leurs contours. C'est ce qui explique pourquoi on peut parfois attraper un coup de soleil lors d'une journée grise ou sous un ciel variable.
Ce que l'indice UV dit sur notre santé
L'intérêt de cet indice, c'est qu'il traduit un risque concret. Une exposition trop importante aux UV peut causer:
des coups de soleil;
des dommages aux yeux;
un vieillissement prématuré de la peau;
une hausse du risque de cancer de la peau à long terme.
Ce risque n’est pas négligeable, considérant notamment que le nombre de mélanomes, la forme la plus sérieuse de cancer de la peau, a doublé chez les personnes de 65 ans et plus entre 1990 et 2021. Les risques mentionnés ne dépendent pas seulement du temps passé dehors, mais aussi de l'intensité du rayonnement. Deux heures à l'extérieur ne représentent pas la même chose avec un UV de 3 qu'avec un UV de 8.
Un outil simple, mais très utile
L'indice UV sert avant tout à adapter ses habitudes. Plus il est élevé, plus il devient important de chercher l'ombre, de porter des vêtements couvrants, un chapeau, des lunettes de soleil et d'utiliser un écran solaire. En bref, l'indice UV mesure la puissance des rayons ultraviolets nocifs au sol, pas la température. Il varie selon la saison, l'heure du jour, l'angle du soleil, les nuages, l'ozone, l'altitude et même les surfaces autour de nous. C'est un petit chiffre, mais il donne une information très concrète: à quelle vitesse le soleil peut commencer à nous faire du tort.
