Fini le changement d’heure au Québec? Voici laquelle choisir

Fatigue, somnolence, horloge biologique chamboulée… Le changement d’heure n’est pas sans conséquences sur notre corps. Alors que le Québec débat de son abolition, une question demeure : quelle heure devrait-on privilégier?

Dans la nuit du 31 octobre au 1er novembre, le Québec reculera l’heure pour revenir à l’heure normale (aussi appelée l’heure d’hiver). Si nous avons l’impression de gagner une heure de sommeil, notre corps, lui, ne vit pas le changement d’heure comme quelque chose d’aussi simple. Fatigue, somnolence et changements d’humeur sont des symptômes très communs pendant les jours suivant le changement d’heure. Alors qu’au Canada, plusieurs provinces et territoires ont aboli le changement d’heure, si le Québec devait suivre cette même tendance, laquelle devrait-on privilégier? Pour les spécialistes du sommeil, c’est l’heure normale qui devrait rester toute l’année.

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Dans certaines régions du nord-ouest de l’Ontario, le changement d’heure doit prendre fin le 1er novembre 2026. Les horloges ne seront pas reculées et l’heure avancée sera maintenue à l’année.

Un changement qui perturbe notre horloge biologique

Notre corps possède une horloge biologique qui est régulée notamment par la lumière et l’obscurité. Bien qu’une simple roulette sur l’horloge permette de changer l’heure, notre horloge biologique, elle, n’est pas si simple.

« Quand le cadran va indiquer qu’il est 7 h du matin, notre corps, notre horloge biologique interne, elle va être encore à 8 h », explique Roger Godbout, professeur émérite à la Faculté de médecine de l’Université de Montréal et chercheur en sommeil.

Cette désynchronisation est entre autres ce qui entraîne de la somnolence et ralentit notre temps de réaction. Les personnes qui ont l’habitude de se coucher tard pourraient être particulièrement affectées par ce changement.

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Heure normale ou heure avancée : laquelle privilégier?

Pour plusieurs, l’heure avancée (l’heure d’été) est synonyme de soirées plus lumineuses, de terrasses entre amis et de plus de temps pour les activités extérieures. Cependant, les professionnels du sommeil, dont le Dr Godbout, recommandent l’heure normale (l’heure d’hiver) toute l’année. Cette option favoriserait un meilleur alignement entre notre horloge biologique et le cycle naturel de la lumière.

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L’heure normale correspond davantage au rythme solaire : autour de midi, le soleil atteint son point le plus haut dans le ciel, ce qu’on appelle le zénith. Cette heure permet donc de répartir plus naturellement les heures de clarté de part et d’autre de midi, plutôt que de déplacer une partie de la lumière vers la soirée.

Cet équilibre est particulièrement important en hiver, alors que les journées sont courtes. À Montréal, on ne dispose que d’environ huit heures de lumière au cœur de la saison froide. Pour le chercheur en sommeil, la manière de profiter au maximum du peu de lumière disponible passe par la lumière du matin.

La lumière du matin contient notamment des composantes bleues, particulièrement importantes pour notre horloge biologique. Selon Roger Godbout, cette lumière stimule notre horloge interne et contribue au bon fonctionnement de nos rythmes biologiques et psychologiques. Le soir, la lumière comporte davantage de composantes rouges et n’a pas le même effet sur notre horloge interne.

En conservant l’heure avancée (l’heure d’été) toute l’année, le soleil se lèverait plus tard, ce qui risquerait de nous priver d’une partie de cette lumière matinale. C’est pourquoi Roger Godbout privilégie l’heure normale : elle permet de mieux aligner nos horaires avec le cycle naturel du soleil et de profiter de la lumière au moment où elle est particulièrement utile à notre horloge biologique.

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Comment mieux s’adapter au changement d’heure?

Roger Godbout propose quelques trucs pour aider notre corps à s’adapter au nouvel horaire :

  • Ajuster graduellement son horaire : la semaine avant la date du changement d’heure, décaler progressivement l’heure du coucher et, idéalement, l’heure du réveil, de 15 minutes tous les deux jours.

  • Décaler l’heure des repas : de la même manière, déplacer progressivement les repas pour aider le corps à s’habituer au nouvel horaire.

  • Éviter les stimulants en soirée : limiter le café et les boissons énergisantes avant le coucher.

  • Réduire les activités stimulantes : éviter les écrans, les émissions captivantes, les romans trop excitants et l’exercice trop près de l’heure du coucher.

L’objectif est de préparer progressivement le corps au changement d’heure et de faciliter l’endormissement. Ces trucs peuvent également aider les enfants, dont le sommeil est lui aussi influencé par l’horloge biologique.

Cet article a été réalisé avec la collaboration de Roger Godbout, professeur émérite à la Faculté de médecine de l’Université de Montréal, psychologue et chercheur en sommeil.


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