Vortex polaire : quand la barrière cède, le Québec en paie le prix

Pour certains, l'expression « vortex polaire » semble être un terme sensationnaliste. Pourtant, ce n'est pas une invention médiatique moderne, mais un phénomène atmosphérique documenté depuis au moins 1853 et dont les conséquences sont bien réelles.

En bref :

  • C'est une zone ceinturée par de très forts vents située en haute altitude au-dessus des pôles;

  • Lorsque le vortex polaire est fort, il retient le froid au nord; lorsqu'il faiblit, le froid peut descendre sur nous;

  • Les effets : le mercure plonge vers les -30 °C, le risque d’engelures et d'hypothermie est multiplié et on vit des pics de consommation d’électricité.

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Une toupie dans le ciel

On peut imaginer le vortex polaire comme une ceinture de vents extrêmement rapides tourbillonnant en haute altitude dans la stratosphère (de 10 à 50 km). Pour comprendre sa stabilité (ou son instabilité), imaginez le mouvement d’une toupie.

Tant que la toupie tourne vite, elle reste droite et stable. De la même façon, un vortex fort tourne rapidement et agit comme un bouclier : il garde l'air glacial emprisonné au sommet du globe.

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À l'inverse, si la toupie ralentit, elle se met à vaciller. Un vortex faible fait la même chose : sa barrière se déforme et laisse le froid s'échapper. Ce ralentissement peut notamment être causé par un réchauffement stratosphérique soudain au-dessus du pôle qui peut mener le vortex à changer de forme, à s’étendre, voire à se scinder en plusieurs morceaux.

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Effet domino

Par une réaction en chaîne, ce corridor de vent qui circule très haut au-dessus de nos têtes peut venir affecter le courant-jet au niveau de la troposphère, plus bas en altitude, là où on vit.

Lorsque le vortex vacille dans la stratosphère, le courant-jet qui guide la circulation atmosphérique et sépare les masses d’air froid et chaud se met à faire de grandes vagues (des méandres). C'est ce qui ouvre la porte à des descentes d’air arctique vers le Québec, qui peuvent même se rendre jusqu’en Floride.

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Quand la barrière cède

Pour le Québec, les conséquences de ces incursions d’air polaire peuvent être brutales. Le thermomètre chute drastiquement, les ressentis atteignent -30 voire -40 et les risques d'engelures deviennent immédiats. C'est aussi durant ces épisodes que surviennent les pics de consommation d'électricité.

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Avec le retour du soleil printanier, le vortex perd naturellement en intensité avant de se dissiper pour l'été… puis de revenir nous hanter dès la saison suivante.

Avec la collaboration de Kevin Cloutier, météorologue.

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