
Une saison qui tarde à s'installer et c'est une bonne nouvelle
Bonne nouvelle cette année: la saison des feux commence sur un rythme beaucoup plus calme au Canada. Un répit bienvenu, même si la prudence reste de mise pour la suite de l'été.
En bref :
5 fois moins de superficie affectée par les feux que la moyenne;
Les situations de sécheresse graves et extrêmes presques absentes au pays jusqu’ici;
Presque autant de feux de forêt que la moyenne, mais ceux-ci sont plus modestes.
Un début de saison plus calme
Après quelques étés franchement éprouvants, le début de la saison des feux de forêt apporte enfin un peu de répit au pays. Jusqu'ici, le Canada connaît une saison beaucoup plus calme qu'au cours des dernières années, autant du côté des superficies brûlées que de l'intensité générale des incendies. Évidemment, des feux ont bel et bien éclaté un peu partout au pays depuis le printemps, mais contrairement à ce qu'on a vu récemment, ils ne se sont pas transformés en immenses brasiers capables de ravager des centaines de milliers d'hectares en peu de temps.

Au 21 juin, 1 892 feux avaient été signalés au Canada. Ensemble, ils avaient brûlé environ 167 914 hectares. Bien que ça équivaut à près de quatre fois la surface de l’île de Montréal, c'est peu si on compare cette étendue à celles des dernières saisons, surtout en regard de ce qu'on a vécu en 2023 et en 2025.

Beaucoup moins de superficie brûlée
Le contraste est frappant. À ce moment-ci de l'année, la superficie brûlée au pays se situe à seulement un cinquième de la moyenne des 25 dernières années. À la même date l'an dernier, le Canada avait déjà vu un peu plus de 4 millions d'hectares partir en fumée. En 2023, la situation était encore plus spectaculaire: au 21 juin, la superficie brûlée atteignait déjà 6,5 millions d'hectares. Cette année-là s'était finalement soldée par plus de 18,5 millions d'hectares brûlés, un record qui a marqué les esprits d'un océan à l'autre et particulièrement au Québec.
Un feu monstre
Un chiffre donne d'ailleurs toute la mesure de cette différence. Le gigantesque feu près du réservoir La Grande-2 en 2023 a consumé à lui seul près de 1 225 000 hectares. C'est environ 7 fois plus que toute la superficie brûlée au Canada jusqu'au 21 juin cette année.

Un nombre de feux normal, mais moins explosifs
Ce qui rend la situation intéressante, c'est que le nombre de feux n'est pas si loin de la normale. Avec 1 892 incendies recensés jusqu'ici, on se trouve seulement 20 % sous la moyenne des 25 dernières années. Autrement dit, il y a quand même eu plusieurs départs de feu, mais ils sont demeurés dans l'ensemble beaucoup moins étendus et moins destructeurs. C'est souvent ce genre de scénario qui fait toute la différence: on peut avoir un nombre d'incendies relativement habituel, sans pour autant basculer dans une saison hors de contrôle.
Des conditions plus favorables pour commencer l'été
Comme on le voit sur la carte, plusieurs régions du pays abordent l'été avec une situation plus favorable que l'an dernier. La sécheresse est moins généralisée à plusieurs endroits, ce qui aide à limiter l'embrasement rapide de vastes secteurs. C'est un point crucial car les saisons les plus difficiles commencent souvent avec des sols très secs, une végétation prête à s'enflammer et des épisodes de chaleur ou de vent qui aggravent rapidement la situation. Cette année, le portrait de départ semble moins inquiétant dans plusieurs provinces et territoires.

Un répit bienvenu, mais pas un laissez-passer
Ce début de saison tranquille est forcément une bonne nouvelle. Après plusieurs années marquées par la fumée, les évacuations et des incendies démesurés, ce calme relatif fait du bien. Mais ce n'est pas une raison pour baisser la garde. D’ailleurs, les résidents de Lytton en Colombie-Britannique se préparaient à évacuer leur domicile le week-end dernier, alors qu’un feu à proximité prenait de l’ampleur. Rappelons qu’il y a presque exactement 5 ans, la ville de Lytton avait été presque totalement détruite par un foudroyant feu de forêt.
La clé : être préparé
La saison est encore jeune, et les semaines les plus actives arrivent souvent plus tard en été. Il suffit de quelques périodes de temps chaud, sec et venteux pour changer rapidement la donne, surtout dans les secteurs les plus vulnérables. Pour les communautés exposées, le meilleur réflexe reste le même: éviter les risques d’incendie, avoir un plan d'évacuation, préparer l'essentiel à emporter et rester à l'affût des consignes des autorités.
Avec la collaboration d'Alexandra Giroux, météorologue.
