Météo spatiale extrême : la plus forte éruption solaire depuis 16 mois
Le Soleil s'est déchaîné ce dimanche produisant une série d'éruptions intenses. L'une d'entre elles est devenue la plus puissante enregistrée depuis octobre 2024.
En bref :
Une éruption majeure de classe X8.11 a été observée (la plus forte depuis le 3 octobre 2024);
Elle provenait de la région active 4366 (AR 4366);
Les impacts sur Terre devraient être limités : on ne prévoit pas pour l’instant d’aurores spectaculaires.
Plusieurs éruptions majeures
L'activité solaire a atteint des niveaux très élevés dimanche. La responsable de ce tumulte est la région active 4366, un groupe de taches solaires complexe et instable visible à la surface de notre étoile.

Dans une courte fenêtre de temps, cette région a produit une série d'éruptions majeures, dont trois de classe X (la catégorie la plus intense). La plus notable s'est produite à 18 h 56 (heure de l'Est), atteignant une intensité de X8.11, selon la NOAA (« National Oceanic and Atmospheric Administration », l’agence américaine d’observation océanique et atmosphérique).
« C'est la plus forte éruption depuis octobre 2024 », précise Nicolas Lessard, météorologue. « Il n'y en a pas eu d'aussi forte en 2025. » Sur l'échelle utilisée pour classer ces événements, une éruption X8 est considérablement plus puissante qu'une X1.

Aurores boréales impressionnantes en vue?
La question que tout amateur de météo spatiale se pose : est-ce que cela va colorer le ciel du Québec avec des aurores boréales impressionnantes? Pour l’instant, les chances semblent minces.
Bien que l'explosion ait été colossale, la région active 4366 n'était pas parfaitement alignée avec la Terre. La majeure partie du nuage de particules (l'éjection de masse coronale) a été propulsée dans l'espace sans nous viser directement.

« La NOAA mentionne toutefois que le nuage de plasma pourrait frôler la Terre vers le 5 février », note Nicolas Lessard. Cette interaction indirecte pourrait déclencher une tempête géomagnétique mineure à modérée (G1 ou G2).
Il ne faut donc pas s'attendre à un spectacle grandiose comme celui de mai 2024. « Les tempêtes géomagnétiques extrêmes (G4 ou G5) sont très rares, on parle de 1 % ou moins durant un cycle solaire », rappelle le météorologue. Cela pourrait toutefois changer si la région active produit d’autres éruptions solaires puissantes et orientées vers la Terre.

Des impacts radio immédiats
Une éruption de cette magnitude libère une quantité phénoménale d'énergie sous forme de rayons X et d'ultraviolets. Comme l'indique la NOAA, cet événement a provoqué un blocage radio de niveau R3 (fort) sur la face éclairée de la Terre. Les utilisateurs de signaux radio haute fréquence (HF) ont pu subir des pertes de signal temporaires allant de quelques minutes à quelques heures.
Avec la collaboration de Nicolas Lessard, météorologue.