
L’étape la plus dangereuse de la mission Artemis II, c’est aujourd’hui
La mission Artemis II termine son périple historique vendredi soir, avec un amerrissage dans la Pacifique, au large de San Diego. Le travail est loin d’être terminé pour les ingénieurs de la NASA et pour l’équipage. Explications.
Un passage critique à travers l’atmosphère
La mission Artemis II touche à sa fin avec l’étape la plus risquée : le retour sur Terre. Après un voyage historique autour de la Lune, alors que l’équipage a établi un nouveau record de distance et de vitesse, les astronautes doivent maintenant traverser l’atmosphère à très haute vitesse, un moment aussi spectaculaire que délicat.
Une rentrée à haut risque
Lors de la rentrée atmosphérique, la capsule Orion atteint des vitesses vertigineuses de plus de 38 000 km/h. À cette vitesse, l’air devient en quelque sorte un mur. La friction avec l’air génère une chaleur extrême pouvant dépasser 2 700 °C, transformant littéralement la capsule en boule de feu. Pendant plusieurs minutes, les communications sont interrompues à cause du plasma qui entoure l’engin, un passage souvent appelé “blackout”.

Un rôle crucial
Pour survivre à cette descente, tout repose sur un élément clé : le bouclier thermique. Lors de la mission Artemis I, des dommages inattendus, soit des fissures et quelques pertes mineures de matériau, avaient été observés. Pour Artemis II, la NASA a ajusté la trajectoire de rentrée afin de réduire les contraintes thermiques, tout en conservant le même système.

Calculée au millimètre près
La rentrée doit se faire avec un angle très précis :
trop abrupt → risque de surchauffe
trop faible → la capsule peut rebondir sur l’atmosphère
Après cette descente fulgurante, la capsule va déployer ses parachutes de manière progressive pour ralentir avant le contact avec l’océan. L’amerrissage (splashdown) est prévu vers 20 h 07 (heure avancée de l’Est), dans l’océan Pacifique, au large de San Diego, en Californie.

Une récupération bien orchestrée
Une fois en mer, une opération de récupération minutieuse se mettra en place. Les astronautes seront d’abord sécurisés à proximité de la capsule, puis transférés vers une plateforme flottante. Ils seront ensuite héliportés vers le navire de la marine américaine USS John P. Murtha, spécialement déployé pour la mission. De son côté, la capsule Orion sera récupérée et hissée à bord du navire à l’aide d’un système de treuil.

Un test crucial
Au-delà du spectacle, ce retour représente un test déterminant. Artemis II est la première mission habitée vers la Lune depuis plus de 50 ans. Le succès de la rentrée atmosphérique permettra de valider les technologies nécessaires pour les prochaines étapes, notamment un éventuel retour de l’humain sur la Lune.

Un moment spectaculaire… et déterminant
Entre chaleur extrême, vitesse hypersonique et silence radio, la rentrée d’Artemis II représente l’un des moments les plus critiques de la mission. C’est d’ailleurs lors de la rentrée dans l’atmosphère que la navette spatiale Columbia s’était désintégrée au dessus du Texas, le 1er février 2003.

Bon à savoir:
Les astronautes vont revêtir leur combinaison spatiale pour la rentrée et l’amerrissage. Ça va les aider à résister à l’immense chaleur générée par la friction de l’air, et la couleur orange des combinaisons est plus visible pour une éventuelle récupération en mer en cas de problèmes;
Lors de la rentrée, il ressentiront une décélération équivalente à 4 G, un freinage exceptionnel;
La perte de communication (blackout) devrait durer près de 6 minutes. (Mais paraîtra peut-être plus longue au poste de contrôle de Houston)
Les parachutes sont déployés de façon progressive, d’abord partiellement, pour éviter leur déchirure avec la grande vitesse de la capsule, même après avoir été ralentie par l’atmosphère terrestre;
Les trois derniers parachutes seront déployés entièrement quand la capsule sera à 1 800 m d'altitude. La capsule Orion touchera l’eau à une vitesse de 32 km/h.
