Les conséquences de l'explosion de la fusée de Blue Origin pour la NASA

L’explosion de la fusée New Glenn de Blue Origin lors d’un essai de tir nocturne, le 28 mai dernier, pourrait entraîner de nombreuses conséquences, particulièrement pour l’avenir du programme Artemis de la NASA selon Wendy Whitman Cobb, professeure de stratégie et d'études sur la sécurité à l'Air University.

En plus d'avoir détruit la fusée, l'incendie a causé d'importants dommages à la seule rampe de lancement de Blue Origin, située à la base spatiale de Cape Canaveral, en Floride. On ne connaît pas encore la cause de l’explosion. Heureusement, personne n’a été blessé.

Deux échecs sur trois

Seule fusée de Blue Origin capable d'atteindre l'orbite terrestre, New Glenn a jusqu’à maintenant été lancée à trois reprises, mais deux se sont avérées des échecs. Lors de son précédent lancement, plus tôt cette année, le deuxième étage a connu un dysfonctionnement l'empêchant de déployer les satellites qu'il transportait sur la bonne orbite.

Blue Origin a suspendu l'année dernière son programme de fusées suborbitales New Shepard pour se concentrer sur New Glenn et ses différents projets lunaires. L’explosion va donc considérablement entraver les ambitieux projets de l’entreprise, qui cherchait à accélérer le rythme de ses lancements et planifiait la mise en orbite de satellites commerciaux, en plus des atterrisseurs lunaires.

Aftermath New Glenn Explosion - May 29 2026 - NASASpaceflight Reuters

Et du côté de la NASA?

Dans The Conversation, la professeure dit s'attendre à des conséquences importantes suite à ce nouvel échec, non seulement pour l'entreprise, mais aussi pour les ambitions lunaires de la NASA. La mission du module d'atterrissage Blue Moon, qui devait être lancée cet automne, aurait transporté plusieurs charges utiles de la NASA afin de préparer le terrain pour de futures missions habitées et non habitées vers la surface lunaire.

Rappelons que l’agence spatiale américaine a attribué des contrats à SpaceX et à Blue Origin pour ses systèmes d'atterrissage. L'incapacité de cette dernière à lancer son atterrisseur Blue Moon dans un avenir proche risque de mettre l'entreprise hors course pour Artemis III.

Blue Origin en est par ailleurs aux premières étapes de la construction d'une deuxième rampe de lancement à Cap Canaveral, mais celle-ci ne sera pas prête à temps pour éviter de sérieux retards. Se rabattre temporairement sur d'autres rampes de lancement de la NASA ou de la Space Force n'est pas non plus une option, car les installations de lancement doivent être adaptées à la fusée spécifique à lancer.

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Blue Moon Lander and Cargo Version - NASA

Reporter Artemis III à 2028?

Dans les plans d'exploration lunaire révisés de l'agence spatiale, le lancement d'Artemis III est prévu au plus tôt à la fin 2027. Tout en volant en orbite terrestre, la mission doit tester les systèmes d'atterrissage lunaire ainsi que le véhicule habité Orion. Alors que la NASA avait initialement prévu d'utiliser une version modifiée du Starship de SpaceX pour ces premières missions lunaires, les retards pris par ce programme ont donné à Blue Origin l'occasion de rattraper le sien grâce à son atterrisseur Blue Moon.

Bien que SpaceX ait réalisé un essai relativement concluant de sa nouvelle version de Starship le 22 mai dernier, l'entreprise devra encore faire des progrès significatifs pour que le système d'atterrissage de Starship soit prêt en seulement un an. Si SpaceX ne parvient pas à mettre Starship au point à temps, la NASA pourrait devoir reporter Artemis III à 2028.

L'explosion d'une fusée de SpaceX en 2016

En septembre 2016, une fusée Falcon 9 de SpaceX a explosé juste avant son propre essai statique, détruisant un satellite de communication israélien qu'elle devait mettre en orbite. Il a fallu quatre mois pour déterminer la cause profonde et plus d'un an pour reconstruire la rampe de lancement. SpaceX disposant alors de deux rampes de lancement, l'entreprise a pu reprendre ses vols en janvier 2017.

Cet article est une version traduite et remaniée d’un article du site The Conversation sous licence Creative Commons publié sur The Weather Network. Lire l'article original.