
L'arrivée d'El Niño est déjà visible depuis l’espace
La NASA a identifié les premiers signes du phénomène météorologique El Niño dans l’océan Pacifique. À quoi s’attendre pour nos latitudes? Explications.
Les premiers indicateurs de sa formation
Le satellite Sentinel-6 Michael Freilich, dont la mission est de surveiller le niveau des océans, a pu observer la formation de petites vagues chaudes, appelées ondes de Kelvin, réparties sur plusieurs centaines de kilomètres. Elles ne mesurent que de 5 à 10 cm de hauteur et se dirigent vers la côte ouest de l’Amérique du Sud. Ces vagues sont généralement considérées comme l’annonce de l’arrivée prochaine d’El Niño lorsqu’elles se forment au niveau de l’équateur.
Le phénomène se produit de façon cyclique tous les trois à cinq ans et entraîne des changements météorologiques importants à l’échelle de la planète. Il est associé à un affaiblissement des alizés et peut apporter des conditions météorologiques plus fraîches et humides dans le sud-ouest des États-Unis et des sécheresses dans les pays de l’ouest du Pacifique tels que l’Indonésie et l’Australie.

Photo : NASA
Quelles conséquences pour le nord-est de l’Amérique du Nord?
Au Canada, une transition rapide entre La Niña et El Niño, comme cette année semble l’indiquer, entraîne généralement un été plus frais dans l’est du pays. Selon les statistiques, l’arrivée rapide d’El Niño juste après la fin d’un phénomène La Niña entraîne des étés avec des températures sous les normales saisonnières pour nos régions. C'est ce qui s'est passé lors des deux dernières transitions rapides, en 1997 et en 2009. À l’inverse, l’Ouest canadien enregistre habituellement des températures estivales moyennes plus élevées.

Et si la transition était lente?
Il existe tout de même une chance qu’El Niño n’entre pas en action tout de suite. Lorsque la température de l’eau dans l’est du Pacifique est proche de la normale à ce moment de l’année, la transition entre les deux phénomènes peut aussi s’étaler sur une période prolongée. Il s’agirait alors de conditions neutres, ce qui permettrait à La Niña de rester en place. Nous aurions alors droit à une saison estivale bien différente, à l'image de 2012, de 2017 et de 2018, où les températures moyennes ont grimpé au-dessus des normales de saison.
Selon les modèles de l’Organisation météorologique mondiale, le phénomène El Niño devrait commencer entre juin et septembre cette année.

