Trou de la Fée : une descente à 38 mètres sous terre, où il ne fait que 4 °C

Imaginez un endroit où, en l’espace de quelques mètres, la lumière disparaît, l’humidité grimpe et la température dégringole jusqu’à seulement 4 °C. Un endroit inusité où l’on quitte les conditions extérieures pour s’enfoncer progressivement dans un véritable microclimat souterrain.

Bienvenue au Trou de la Fée, au Saguenay–Lac-Saint-Jean, une aventure qui nous mène à travers falaises, chutes, ponts suspendus et formations rocheuses, avant de descendre jusqu’à 37 mètres sous terre. Une expérience où la météo, la géologie, l’histoire et même quelques légendes se rencontrent… sous nos pieds.

Un paysage façonné par la nature

Au fil du temps, la glace, l’eau, le gel et l’érosion ont façonné les parois rocheuses, creusant et transformant progressivement le relief. Enclavé au cœur du canyon de la rivière Métabetchouane, le parc permet aujourd’hui de se rapprocher de ce décor spectaculaire grâce à différents sentiers et aménagements.

Le site compte cinq sentiers pédestres totalisant environ 6 km : le sentier de la Caverne (1,64 km), celui des Trois Chutes (1,76 km), celui de la Coulée verte (0,57 km), celui de la Montagne (0,53 km) et le sentier de la Promenade. Ensemble, ils permettent de former une boucle et de découvrir les différentes facettes du parc. Le sentier des Trois Chutes mène jusqu’au point de rencontre de trois cascades, où l’eau forme un puissant tourbillon. Ailleurs sur le parcours, des passerelles ancrées directement aux parois rocheuses donnent accès à des secteurs autrement difficiles à atteindre. Certaines s’élèvent à plus de 60 mètres au-dessus de la rivière et offrent des vues impressionnantes sur le canyon.

Deux ponts suspendus permettent également de passer d’une rive à l’autre, tandis qu’un plancher de verre aménagé au-dessus du vide ajoute une bonne dose de vertige. Entre les chutes, les falaises, les escaliers et les portions plus abruptes, la randonnée devient une aventure en soi, bien avant la descente sous terre.

38 mètres sous terre… à seulement 4 °C

La visite du Trou de la Fée se fait progressivement à travers trois paliers. Au premier niveau, l’espace demeure relativement spacieux et les conditions sont encore assez confortables. Puis, plus on descend, plus l’environnement se transforme : les passages deviennent étroits, la lumière naturelle disparaît, l’humidité se fait davantage sentir et la température chute.

Afin de poursuivre notre progression, on doit se pencher et se faufiler entre les parois. Au troisième palier, le changement devient encore plus marqué. Au point le plus profond, on se retrouve à environ 38 mètres sous terre, là où la température se maintient autour de 4 °C. En quelques minutes seulement, on passe donc de la température extérieure à un environnement sombre, humide et froid.

La remontée demande elle aussi un certain effort. Il faut refaire le parcours en sens inverse, remonter les différents paliers et se glisser de nouveau entre les parois avant de retrouver progressivement la lumière et la chaleur de la surface.

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Une caverne remplie d’histoires

Le Trou de la Fée n’est toutefois pas uniquement fascinant pour sa géologie et son microclimat. Plusieurs récits sont associés à son histoire. Selon l’exposé présenté sur place, des hommes de la région auraient utilisé la caverne comme cachette durant la Seconde Guerre mondiale, entre 1939 et 1945, afin d’échapper à la conscription et d’éviter d’être envoyés à la guerre.

Imaginez passer une nuit — ou même plusieurs — dans ce froid, cette humidité et cette obscurité! On raconte également que la caverne abritait autrefois de nombreuses chauves-souris.

À la fin de la guerre, les hommes qui s’y cachaient auraient aperçu une fée qui leur aurait annoncé que le conflit était terminé. C’est de cette histoire que serait né le nom « Trou de la Fée ».

Le récit entourant la découverte de la cavité est tout aussi étonnant. Ceux et celles qui s’occupaient de la centrale hydroélectrique auraient un jour aperçu un oiseau disparaître dans une petite ouverture de la paroi rocheuse. Intrigués, ils seraient allés explorer l’endroit en escaladant les falaises et auraient découvert qu’une véritable caverne se cachait derrière cette ouverture.Comme quoi il suffit parfois de suivre un oiseau pour découvrir tout un monde sous nos pieds!

Sur les traces de l’ancienne centrale hydroélectrique

Le parcours nous plonge aussi dans le passé industriel du secteur. Le sentier de la Promenade suit le tracé de l’ancienne conduite d’amenée d’eau qui alimentait autrefois la turbine de la centrale hydroélectrique. À l’époque, les travailleurs marchaient directement sur cette canalisation; aujourd’hui, les visiteurs circulent à l’intérieur de l’ancienne infrastructure, tout près de la rivière Métabetchouane. Le trajet offre notamment des points de vue sur le canyon et le barrage de la chute Martine.

La centrale, qui remonte aux années 1920, a laissé plusieurs traces dans le paysage. À la fin du parcours, on traverse les ruines de bâtiments associés à son exploitation, notamment les vestiges de ce qui aurait autrefois abrité deux appartements où vivaient les familles responsables des installations. Ces ruines permettent d’imaginer la vie quotidienne de ceux et celles qui ont habité et travaillé ici, dans un environnement dominé par les falaises, les cascades et le grondement constant de l’eau. Toutefois, pour découvrir la partie la plus mystérieuse du site, il faut enfiler un casque et descendre sous terre.

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Entre forêt boréale, rivière déchaînée, vestiges industriels et univers souterrain, le Trou de la Fée offre une expérience qui va bien au-delà de la simple visite d’une caverne. Il nous rappelle que le plein air au Québec ne se découvre pas seulement au sommet des montagnes, mais parfois aussi profondément sous nos pieds.

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