Le retour d’une mouche mangeuse de chair aux États-Unis
Il y a des souvenirs qu’on préfère ne pas rapporter de voyage. Une infection causée par la lucilie bouchère du Nouveau Monde en fait partie. Ce parasite carnivore est réapparu au Texas six décennies après son éradication en sol américain et continue de sévir au Mexique et en Amérique centrale.
De retour dans l’actualité suite à sa découverte sur un veau âgé de trois semaines dans le comté de Zavala, le parasite faisait déjà frissonner d’horreur les voyageurs se rendant dans les zones les plus touchées comme Cuba et la République dominicaine.
Comme un film de série B
C’est que le modus operandi du parasite semble tout droit sorti d’un film de très mauvais goût : les mouches femelles pondent leurs œufs dans les plaies ouvertes, les éraflures ou les piqûres d’insectes des animaux et des humains. Quand les œufs éclosent, les larves s’enfoncent dans la chair et se mettent à grignoter les tissus vivants.
Résultat : des blessures dont gravité peuvent varier et des infections pouvant entraîner la mort si elles ne sont pas traitées.
Mise en garde auprès des voyageurs canadiens
Les autorités sanitaires mettent en garde les Canadiens se rendant en Amérique centrale et au Mexique, où la situation est surveillée de près.
Selon le Service d’inspection sanitaire des animaux et des végétaux (APHIS) du ministère américain de l’Agriculture (USDA), des cas se propagent au Costa Rica, au Nicaragua, au Honduras, au Guatemala, au Belize, au Salvador et au Mexique, au-delà d’une frontière biologique qui avait jusqu’alors contenu la propagation.
Au Panama, on parle carrément d’une « explosion ». En 2023, le nombre de cas est passé d'une moyenne de 25 cas par an à plus de 6 500 cas en un an.
Freiner la propagation
Des déclarations d'épidémie sont en vigueur au Mexique et dans plusieurs pays d'Amérique centrale. En date du 14 avril 2026, près de 168 000 cas de lucilie bouchère du Nouveau Monde avaient été détectés chez les animaux et plus de 1 700 cas chez les humains, indique un communiqué des Centres pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC) des États-Unis.
Afin d’éviter que le parasite se fraye un chemin jusque chez nous, le Canada a restreint temporairement l’importation de bétail en provenance du Texas.
Comment s’en protéger?
Comme il n’existe ni vaccin, ni médicament pour s’en protéger lors d’un voyage dans une des zones touchées, on recommande de couvrir toute plaie ou égratignure avec des pensements propres et secs, d’utiliser un répulsif contre les insectes et de porter des manches longues et des pantalons lors d’une sortie en forêt ou la visite d’une région rurale. Mieux vaut également éviter tout contact étroit avec des animaux errants ou du bétail. Surtout, il est nécessaire de consulter un médecin rapidement si vous soupçonnez une infection.
La bonne nouvelle : si la lucilie bouchère du Nouveau Monde parvenait à franchir la frontière canadienne, elle ne survirait pas à nos températures hivernales.
(Sources : The Weather Network, Agence d’inspection des aliments, USDA, Centres pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC) des États-Unis)
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