
Concours de l’ours le plus dodu : grande finale de la bataille des bédaines
Qui succèdera à 32 Chunk, le champion de 2025, éliminé dès la première ronde? Bienvenue au « Fat Bear Week », un concours pour poids lourds.
Une question de survie
En Alaska, la fin de l’été se vit avec appétit. Chaque année, les ours bruns du parc national de Katmai franchissent un cap naturel : l'hyperphagie, cette phase où leur instinct pousse leur métabolisme à manger énormément pour se « préparer » à l’hiver. Pour le plaisir des passionnés de nature, cela donne lieu à un concours lancé en 2014. Bienvenue au « Fat Bear Week », un tournoi annuel où des ours sont jugés, non pas pour leur beauté ou leur force, mais pour leur capacité à emmagasiner des réserves de graisse pour survivre à l’hibernation.

200 kilos de plus
Avec la collaboration du National Park Service et de l’organisme Explore.org, le parc de Katmai organise un tournoi en élimination directe. Chaque jour, deux ours s’affrontent ; le public vote en ligne pour celui qu’il juge le « plus dodu » ou le plus impressionnant dans sa prise de poids. Un ours brun peut engraisser de 200 kilos entre le début de l'été et l'automne. Le gagnant de chaque duel passe à la ronde suivante. Progressivement, un champion est couronné à la fin de la semaine.

La championne de 2019 : 435 Holly Photo : National Parks Service
Au public de décider
Pour être admissible, un ours doit apparaître à la caméra de Brooks River ou à proximité du site où les visiteurs et les webcams peuvent l’observer. Presque tous les ours du parc passent par là, car Brooks Falls est un endroit célèbre où des milliers de saumons sockeye (ou saumons rouges) tentent de remonter une chute de près de 2 mètres pour rejoindre le lac Brooks où ils vont se reproduire. Des dizaines d'ours bruns les attendent en haut de la chute et n'ont souvent qu'à ouvrir la bouche pour capturer un saumon. Ils peuvent en manger jusqu'à 40 kilos chaque jour de cette façon. Des séries d’images comparant chaque ours en été et à la fin de la période de pêche sont utilisées pour évaluer visuellement sa « prise de gras ».

Photo : Donna Riuz
Un enjeu bien réel
Le concours est ludique, certes, mais il sert aussi un objectif scientifique et éducatif : sensibiliser le public à l’importance des écosystèmes, au lien ours-saumon, et aux défis que doivent relever les carnivores en milieux sauvages. Un ours bien « engraissé » a de meilleures chances de survivre l’hiver, surtout quand la nourriture se fait rare. Le « Fat bear week » met en lumière les données visuelles des ours dans leur habitat naturel, et rappelle que leur survie dépend de ressources alimentaires stables (comme les saumons).
2026 : un nouveau champion sera couronné
Cette édition 2026 démarre dans un contexte favorable : une ruée de saumons abondante pendant l’été a permis aux ours de prendre du poids assez rapidement, et les photos des ours « après » comparées à celles « avant » sont éloquentes. Parmi les participants, on retrouvait le champion défendant 32 Chunk, mais une fracture de la mâchoire a sans doute limité sa consommation de saumons. Il a été éliminé en toute première ronde par 164 Bucky, qui est rapidement devenu un des favoris. Ee grande finale mardi, il va affronter 89 Backpack, un aspirant de taille de plus de 500 kilos.
Une question de gènes
Le concours est souvent une affaire de famille, donc de génétique. En 2025, la fille de la double championne défendante 128 Grazer a remporté haut la main le volet « Junior », dédié aux ours juvéniles. Cette année, le finaliste 89 Backpack est le fils de 435 Holly, une femelle mastodonte qui a remporté la finale en 2019. En 2025, plus de 1,7 millions de votes ont été enregistrés. La semaine dernière, le site de votation a surchauffé et le vote a dû être retardé de 24 heures. Vous pourrez voter pour le grand champion le mardi 29 septembre.
