Cette fourmi invasive se rapproche : sa piqûre peut être mortelle

Elle est minuscule mais invasive et venimeuse. La fourmi asiatique à aiguillon et sa très douloureuse piqûre s’approche du Québec. Explications.


En bref :

  • La fourmi asiatique à dard se retrouve de plus en plus au nord, aux portes du Canada;

  • On la retrouve même dans l’État de New York;

  • Elle pique rarement, mais sa piqûre peut être très douloureuse;

  • Les conséquences de sa piqûre peuvent être grave en cas d’allergie.

Une progression inquiétante

Une fourmi envahissante et venimeuse progresse vers le nord aux États-Unis, portée en partie par des températures plus douces et des saisons chaudes qui s’allongent. Selon des signalements récents, la fourmi asiatique à aiguillon, ou Asian needle ant, gagne du terrain jusque dans le nord-ouest du Pacifique et dans une moindre mesure, dans l’est des États-Unis. Considérée comme hautement invasive, cette espèce avance rapidement aux États-Unis, au point où au moins une vingtaine d’États surveillent désormais sa présence en raison de sa piqûre potentiellement dangereuse pour l’humain.

Petite fourmi… gros problème

Originaire de Chine, du Japon et de la péninsule coréenne, cette fourmi a été détectée pour la première fois aux États-Unis en 1932. Depuis, sa présence s’est graduellement étendue, mais le réchauffement des températures semble aujourd’hui favoriser une progression plus marquée vers le nord. La fourmi asiatique à aiguillon est petite, environ un demi-centimètre, et se distingue par sa couleur brun foncé à noire, avec des pattes souvent brun orangé.

Gemini Generated Image ug2lbvug2lbvug2l

Où la retrouve-t-on?

Selon le département américain de l’Agriculture, on la retrouve sous les pierres, les troncs, le bois mort ou la litière de feuilles dans les forêts peu perturbées. En zone habitée, elle peut aussi s’installer près des maisons et des bâtiments, notamment dans le paillis, le bois d’aménagement paysager ou d’autres endroits abrités et humides.

Un risque pour les écosystèmes

Le problème ne s’arrête pas à sa piqûre. Cette espèce peut aussi bouleverser les écosystèmes locaux en délogeant des fourmis indigènes, dont certaines jouent un rôle crucial dans la dispersion des graines. Chez plusieurs plantes herbacées, les graines portent une petite structure nutritive qui attire certaines espèces de fourmis. Ces dernières transportent ensuite les graines plus loin, ce qui aide la plante à se reproduire et à coloniser son environnement. Or, là où la fourmi asiatique à aiguillon s’installe, les chercheurs ont déjà observé une baisse importante de cette dispersion naturelle des graines en milieu forestier. Une fois bien implantée, l’espèce est en plus difficile à éradiquer, un scénario classique lorsqu’il est question d’espèces exotiques envahissantes.

Gemini Generated Image mcd430mcd430mcd4

Photo : The Ohio State University

Une piqûre à ne pas prendre à la légère

Cette fourmi pique lorsqu’elle se sent menacée, et sa piqûre peut provoquer une douleur très vive. Des experts la décrivent comme une douleur brutale, aiguë et localisée. Le danger, toutefois, vient surtout du fait qu’elle peut déclencher une réaction allergique sévère, voire une anaphylaxie, une urgence médicale potentiellement mortelle.

Le contenu continue ci-dessous

Parmi les symptômes possibles :

  • baisse de la pression artérielle;

  • urticaire, démangeaisons ou enflure;

  • difficulté à respirer;

  • Nausées;

  • pouls faible ou rapide.

En cas de piqûre suspectée, il faut consulter rapidement même si les symptômes ne sont pas immédiats, car une réaction grave peut survenir rapidement. Un point un peu plus rassurant : contrairement à certaines autres espèces, cette fourmi n’attaque pas en essaim. Le risque est davantage lié à un contact accidentel, par exemple en jardinant, en déplaçant du bois ou en manipulant du paillis.

Le Canada est-il à risque?

À l’heure actuelle, aucune présence officielle n’a été signalée au Canada. Mais le fait qu’elle ait été détectée récemment dans l’État de Washington, tout près de la frontière, retient l’attention des autorités de la Colombie-Britannique. Des avertissements ont d’ailleurs été diffusés dans cette province sur la possibilité que l’espèce finisse par remonter vers le Canada, dans un contexte où des hivers moins rigoureux et des saisons chaudes plus longues pourraient favoriser son établissement.

Et le Québec ?

Pour le Québec, le risque semble pour l’instant faible à court terme, mais pas complètement théorique à plus long terme. Pourquoi? Parce que cette fourmi aime les environnements relativement doux, humides et abrités. Le Québec demeure généralement plus froid que les régions états-uniennes où l’espèce est actuellement bien implantée, ce qui limite naturellement ses chances de survie à grande échelle, surtout après l’hiver.

Cela dit, avec le réchauffement climatique, certaines espèces invasives réussissent peu à peu à franchir des barrières autrefois très efficaces. Si la fourmi asiatique à aiguillon continue de progresser vers le nord-est des États-Unis au fil des prochaines années, les régions les plus tempérées du sud du Canada pourraient éventuellement devenir plus favorables à son installation.

Le scénario le plus plausible pour une arrivée éventuelle au pays passerait probablement d’abord par la côte ouest ou par des secteurs plus au sud de l’Ontario, avant d’atteindre le Québec. Son transport accidentel dans du bois, des plantes, du paillis ou d’autres matériaux d’aménagement pourrait aussi jouer un rôle.

Le contenu continue ci-dessous

Une espèce à surveiller

Même si elle n’est pas encore au Canada, la fourmi asiatique à aiguillon s’ajoute à la liste des espèces que les spécialistes surveillent de près. Son avancée illustre bien comment des conditions plus chaudes peuvent ouvrir la porte à de nouveaux envahisseurs, parfois minuscules… mais loin d’être inoffensifs. Bref, ce n’est pas le genre de fourmi qu’on veut inviter dans sa plate-bande.

Selon un article publié par The Weather Network

UN IMMENSE ROCHER SUR UN ICEBERG : comment est-il arrivé là?