Un phénomène attendu est sur le point de prendre son envol au Québec
Les feuilles sortent plus vite qu’à l’habitude au sud de la frontière, ce qui pourrait se répercuter chez nous aussi. Ce verdissement aura un effet direct sur votre confort. Voici pourquoi.
En bref :
Feuillaison en avance pour une majorité du territoire américain, dont juste au sud de la frontière avec le Québec;
Printemps légèrement plus doux que la normale dans le sud du Québec;
Verdissement = plus de transpiration des végétaux, donc plus d’humidité, ce qui contribue au confort au printemps.
La progression vers le nord
Selon les données du National Phenology Network (NPN), un réseau américain d’observation phénologique (science qui étudie l’influence du climat sur les cycles biologiques saisonniers du monde vivant), la végétation a déjà refait surface sur la quasi-totalité des États-Unis.
On parle ici de l'apparition des premières feuilles des lilas et des chèvrefeuilles, végétaux choisis par le NPN pour établir et suivre son « indice des premières feuilles » (First Leaf Index), car ils font partie des « premières plantes à montrer leurs feuilles au printemps », selon le site web de l’organisation.

Si une partie de la côte Est est en retard, grosso modo du Delaware jusqu’en Géorgie, l'Ouest affiche une avance très marquée. Près de la frontière québécoise, la progression s'inscrit dans les normales ou se montre légèrement en avance. Cela laisse présager un scénario similaire pour le sud de la province.
L'influence des températures
Le moment de la feuillaison, puis de la floraison, est intimement lié aux températures. Un printemps chaud engendre généralement une floraison hâtive, comme lors des saisons 2021, 2023 et 2024.

Bien qu'on puisse percevoir le printemps actuel comme étant décevant, la réalité est que depuis le 1er mars, le début du printemps météorologique, le sud du Québec connaît des températures près des moyennes dans l’ensemble, voire légèrement au-dessus. C'est le cas pour Montréal et Sherbrooke, qui affichent de légères anomalies positives.

« Les feuilles et les fleurs devraient donc arriver pas mal dans les temps cette année, voire potentiellement un peu en avance », selon le météorologue Kevin Cloutier.
Un gain de confort
Ce verdissement de la province est une bonne nouvelle, et pas seulement pour l’aspect visuel bucolique. « C'est une bonne nouvelle non seulement parce que ça vient verdir le paysage, mais aussi parce que ça ajoute de l'humidité en raison de la transpiration des plantes », souligne Kevin Cloutier.

Cette hausse de l'humidité joue un rôle important dans notre perception de la température extérieure. Un air plus humide limite l'évaporation de la sueur à la surface de la peau. Le corps conserve ainsi mieux sa chaleur, ce qui nous évite de frissonner soudainement dès qu'on se met à l'ombre ou dès que le vent souffle un peu. Un point de rosée qui franchit le cap des 5 °C transforme un fond d'air frais en une atmosphère beaucoup plus confortable.
Évidemment, à mesure que la saison avancera et que le mercure grimpera, cette même humidité finira par devenir un facteur d'inconfort. C'est alors que l'indice humidex fera son retour dans vos prévisions météo.