
Le Québec épargné par des tempêtes costaudes, mais cela pourrait changer
L'arrivée de l'automne et du temps plus froid qui l'accompagne ouvre la porte à un type de système particulier : les tempêtes automnales. Ces perturbations costaudes traînent souvent vents violents et pluies diluviennes dans leur sillage, et peuvent causer des dégâts matériels considérables.
Pour qu’une tempête automnale en bonne et due forme puisse se former, il faut un ingrédient principal : le contraste de température entre les masses d’air chaud et froid. L’intensité des tempêtes est dictée par l’importance de ce contraste. Plus il est élevé, plus les tempêtes qui se trouvent sur le courant-jet et les vents dominants seront intenses. Elle est donc typique des saisons de transition que sont l'automne et le printemps.

Un exemple parfait de ce genre de dépression est la tempête qui a secoué l'Halloween en 2019. Un million de pannes d'électricité, rafales de plus de 100 km/h, une centaine de millimètres de pluie : les festivités ont dû être reportées en raison de cette tempête, qui frappe encore l'imaginaire.
Un contexte défavorable
Jusqu'à maintenant, la saison 2023 diffère largement des grandes lignes classiques. Une chaleur à saveur estivale étire effectivement sa visite sur l'Amérique du Nord depuis le début du mois de septembre. Un blocage atmosphérique est bien campé sur le nord du continent, encourageant la remontée des vents en provenance du sud des États-Unis. Un tel contexte limite le passage des systèmes dépressionnaires sur le Québec, puisque le courant-jet est décalé vers le nord.

Cette tendance est particulièrement marquée en ce moment. Un mercure allant jusqu'à 27 °C, voire davantage, est sur les radars pour les prochains jours, notamment pour le sud du Québec. Des records mensuels pourraient même être fracassés dans le sud-ouest de la province.
Comme la chaleur règne en maître sur nos latitudes, le contraste des températures entre les masses d'air est moins prononcé – et le carburant des tempêtes automnales manque à l'appel.
En moyenne, le premier système du genre est observé vers la mi-septembre. Cela n'a pas été le cas cette année, et le contexte actuel fait en sorte que le Québec pourrait encore être épargné un certain temps.
La fin d'une ère

L'arrivée de systèmes dépressionnaires plus costauds devrait mettre un terme à la domination du blocage atmosphérique. Le courant-jet reprendrait donc ses droits sur le Québec après plusieurs semaines d'absence, permettant l'entrée en scène de plus fortes perturbations.
Il faut d'ailleurs mentionner que les tempêtes augmentent en fréquence et en intensité au fil du temps, atteignant un sommet vers le mois de novembre.
