Quand mai est moche, l’été est…

Le début du mois de mai déçoit cette année avec sa grisaille et des températures sous les normales de saison, et la suite ne s’annonce pas bien mieux. Est-ce que le dernier mois du printemps va donner le ton à la saison qui suit?

En bref :

  • Des correspondances entre mai et l'été observées dans 46 cas sur 84 ans à Montréal;

  • Aucun lien direct entre un mois de mai pluvieux et un été gâché par la pluie;

  • Un mois de mai frais fait davantage pencher la balance vers un été plus frais également.

Un début de mois au ralenti

Cette année, le dernier mois du printemps peine à prendre son envol. Ce qu’on a observé jusqu’à maintenant, et ce qu’on prévoit à moyen terme, c’est surtout du temps gris, de l'instabilité et davantage de pluie que la normale.

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Les températures sont aussi inférieures à la normale plus souvent qu'autrement, et le Québec doit composer avec un blocage atmosphérique entraînant l'omniprésence d'un creux (masse d’air froid). Notre aperçu des températures montre d'ailleurs des maximums coincés sous la normale dans le sud du Québec au moins jusqu'à la mi-mai.

Des similitudes historiques

Historiquement, depuis 1942 à Montréal, les cas où le mois de mai et l’été ont été similaires en matière de températures ainsi que de précipitations ont été nombreux. Aux fins de notre analyse, nous les classerons en trois catégories : mai/été beaux (plus chauds et moins de précipitations que la normale), mai/été moches (plus froids et plus de précipitations) et mai/été normaux (températures et précipitations près des normales).

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En 84 ans, on a recensé 46 cas de correspondances. De ce nombre, on compte 19 scénarios beaux, 18 scénarios moches et 9 scénarios se situant dans les normales.

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Pluie et chaleur : des signaux distincts

Si la pluie vous déprime, rassurez-vous : les données historiques à Montréal ne nous permettent pas de dégager une tendance pointant vers un été qui serait également davantage humide. Si l'on s’attarde uniquement aux précipitations, après les 20 mois de mai les plus pluvieux, l'été suivant compte en moyenne 37 jours de pluie, ce qui correspond exactement à la normale.

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Sur le plan des températures, cependant, lorsqu'on manque de chaleur au mois de mai, l'été qui suit est souvent aussi en déficit de chaleur. Après les 20 mois de mai les plus frais, Montréal enregistre en moyenne 51 jours à 25 °C et plus (moyenne de 53), 21 jours de 28 °C et plus (moyenne de 24) et seulement 8 jours avec 30 °C et plus (moyenne de 10).

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Un retard difficile à rattraper

L'installation de la belle saison dépend beaucoup de la dynamique atmosphérique et des blocages potentiels. « Si la bascule atmosphérique vers un scénario estival (retrait du vortex polaire et circulation fluide d’ouest en est – zonale) ne s’opère pas en mai, cela peut être un indicateur d’un été qui va laisser à désirer », affirme Réjean Ouimet, météorologue.

«Il sera plus difficile par la suite de rectifier la situation et on risque de perdre une partie de la saison à attendre le déblocage vers le plein été. »

Avec la collaboration de Patrick Duplessis, météorologue.

APERÇU DE MAI : Une tendance lourde qui se poursuit