Voici pourquoi on ne s'habille jamais comme il faut au printemps
Le printemps est une saison de contrastes où le thermomètre peut afficher 15 °C, mais l'impression ressentie varie du tout au tout, selon qu’on soit à l’ombre, au soleil ou si d’aventure le vent se met à souffler. On vous explique pourquoi.
En bref :
Absence de végétation qui limite la transpiration des plantes et maintient l'air sec;
Temps sec = évaporation rapide de la sueur, ce qui accentue la sensation de froid sur le corps;
Rayonnement solaire d'avril d'une intensité équivalente à celui de la fin du mois d'août.
Manque d'humidité : le facteur nº 1
Le principal facteur qui nous donne cette impression tenace de fond d'air frais est l'absence d'humidité. Au début du printemps, la végétation n'a pas encore totalement repris vie. Sans feuilles dans les arbres, on a très peu d’apport en humidité provenant des plantes, ce qui garde l'air environnant sec et maintient le point de rosée à un niveau bas, généralement au moins jusqu'au mois de mai.

Ce faible taux d'humidité joue un rôle critique sur notre perception de la chaleur. Lorsque l'air est sec, la mince couche de sueur à la surface de notre peau s'évapore très facilement. Cette évaporation rapide est en fait l'un des mécanismes principaux du corps humain pour expulser la chaleur et se rafraîchir.
C'est ce processus qui accentue notre sensation de froid. À l'inverse, une température de 15 ou 20 °C en plein été ou en automne nous semblera beaucoup plus confortable (ou insupportable à des températures encore plus élevées), car l'humidité ambiante ralentit cette évaporation.
L’effet sous-estimé du soleil
Le deuxième élément qui joue sur la sensation de chaleur au printemps est la force des rayons solaires. Souvent sous-estimé, le rayonnement solaire de la mi-avril est tout aussi puissant que celui de la fin août. Il vient réchauffer la peau de façon importante, créant un faux sentiment de confort estival même si l'air autour demeure frais.
Dès qu'un nuage masque le soleil ou qu'une rafale de vent se lève, la véritable température de l'air se fait ressentir à nouveau. D’où l’importance de bien choisir sa place pour les premières terrasses du printemps.

L’air sec printanier favorise également des écarts de température importants entre le jour et la nuit. Il n'est pas rare de voir le thermomètre atteindre les 20 °C en après-midi pour ensuite plonger près du point de congélation la nuit venue. Ces chutes de température sont d'ailleurs encore plus prononcées à l’extérieur des villes, loin des îlots de chaleur urbains.
Face à ces variations constantes, la bonne vieille technique de l’oignon, soit la superposition des couches de vêtements, est inévitable au printemps. Aussi, on vous suggère de vous garder une petite gêne si l’envie vous prend de sortir les shorts à 12 °C.
Avec la collaboration de Kevin Cloutier, météorologue.