Le « super El Niño » va-t-il priver le Québec de neige cet hiver?

Présenté par
Mitsubishi Motors Canada (MM - OCT2026)

Un hiver plus doux que la normale, en raison d’un phénomène El Niño particulièrement fort installé dans le Pacifique, pourrait signifier une saison avare en neige. Cela n’a toutefois pas toujours été le cas.


En bref :

  • MétéoMédia prévoit un hiver plus doux que la normale, particulièrement en début de saison;

  • L’histoire climatologique montre que les saisons sous l’influence d’El Niño voient souvent moins de neige;

  • Couvert neigeux plus vulnérable aux redoux;

  • Des tempêtes costaudes et surprenantes demeurent possibles.

Un « super El Niño » historique

Revenons à la base : El Niño, ça mange quoi en hiver? Les scientifiques parlent de ce phénomène lorsque les températures de la mer en surface sont supérieures à la normale dans l’océan Pacifique équatorial.

Ce réchauffement provoque un changement dans la circulation atmosphérique mondiale. On déclare le phénomène lorsque cette anomalie dépasse +0,5 °C dans la zone clé Niño 3.4, et on le qualifie de « super El Niño » lorsqu’elle franchit le cap des +2 °C, comme c’est déjà le cas depuis septembre pour cet épisode. On a d’ailleurs atteint un record absolu en septembre.

NINO2

Au Canada, ce réchauffement océanique favorise généralement un pompage d’air doux en provenance du Pacifique à travers le pays. Dans notre aperçu préliminaire de l’hiver 2026-2027, on prévoit que presque tout le pays connaîtra des températures au-dessus de la normale.

Plus chaud, moins de neige

D’un point de vue climatologique, la tendance est claire. Depuis 1970, les épisodes El Niño se traduisent le plus souvent par des hivers moins neigeux que la normale, soit 11 fois sur 15 à Montréal et 10 fois sur 15 à Québec et à Gaspé.

NINO3

Et si nous regardons seulement les épisodes forts (+1,5 °C) et les « super El Niño » (+2 °C), cinq hivers sur sept ont affiché un déficit de neige par rapport à la normale à Montréal et à Québec.

À Montréal, sur les quatre hivers avec un fort ou « super El Niño » depuis 1990, trois ont enregistré des cumuls de neige sous la normale de 149 cm entre décembre et février : 1997-1998 (140 cm), 2015-2016 (125 cm) et 2023-2024 (116 cm). Seul l’hiver 1991-1992 a fait exception avec 159 cm.

Le contenu continue ci-dessous
NINO4

Pourtant, ces hivers ont tous enregistré légèrement plus de précipitations de toutes sortes (neige, pluie, verglas, etc.) en équivalent d’eau que la normale de 245 mm. Mais dans un contexte de douceur, les précipitations tombent davantage sous forme de pluie ou de pluie verglaçante plutôt que sous forme de belle neige folle qui s’accumule rapidement. Des hivers de « sloche », en somme.

Un couvert neigeux vulnérable aux redoux

Pour les amateurs de neige, El Niño n’est généralement pas une bonne nouvelle. Outre le fait que la neige se fasse plus rare, un hiver plus doux rend la neige au sol plus vulnérable aux redoux, qui pourraient être plus fréquents.

Malgré cela, un hiver doux globalement ne signifie pas l’absence de tempêtes mémorables. Au Québec, nous ne sommes jamais à l’abri des incursions d’air arctique, et il suffit d’une tempête majeure pour changer la perception de toute une saison.

L’hiver 2023-2024 l’illustre bien : malgré une saison douce et déficitaire en neige dans son ensemble, Montréal avait reçu une bordée de 32 cm du 3 au 4 décembre 2023, causant plus de 115 000 pannes électriques et plusieurs sorties de route.

NINO6

El Niño n’est donc pas une garantie de voir un hiver de tout repos. Ceux et celles qui ont vécu la crise du verglas de 1998 peuvent en témoigner.

Qui plus est, le phénomène dans le Pacifique n’est pas le seul acteur à considérer quand vient le temps de faire une prévision saisonnière à long terme. Restez donc à l’affût pour notre aperçu complet de l’hiver, qui sortira le 25 novembre prochain.

Avec la collaboration de Kevin Cloutier, météorologue.

À VOIR : Notre aperçu préliminaire de l'hiver 2026-2027