Le Québec n’est pas près d’oublier ce mois

Juillet 2026 n’a pas distribué la météo de façon équitable au Québec. Alors que plusieurs régions ont terminé le mois un peu plus chaudes que la normale, les précipitations ont montré des écarts frappants, jusqu’à un record absolu de pluie.


En bref, juillet a été :

  • un peu plus chaud que la normale dans presque tout le Québec;

  • très contrasté côté pluie, avec de gros écarts d’une région à l’autre;

  • particulièrement arrosé dans le sud-’ouest, surtout vers l’Outaouais;

  • plus sec dans plusieurs secteurs de l’est, notamment en Gaspésie;

  • actif sur le plan orageux, avec plusieurs journées marquantes.

Un mois loin d’être équitable

Au Québec, juillet 2026 n’a pas été un mois uniforme. Mais là, pas du tout. Selon l’endroit où l’on se trouvait, on pouvait avoir l’impression de vivre dans deux étés différents : ici, un mois très arrosé, ponctué d’orages presque à répétition; là, un mois nettement plus sec que la normale. Et au milieu de tout ça, des températures généralement un peu au-dessus des normales, sans chaleur excessive généralisée, juste assez élevées pour garder l’été bien en selle. Bref, juillet n’a pas raconté la même histoire partout. Et c’est justement ce qui le rend intéressant.

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Un peu plus chaud

Si l’on commence par la température, le portrait est assez clair : presque tout le Québec a connu un mois de juillet un peu plus doux que la normale. Les écarts sont restés modestes, mais assez répandus pour qu’on parle d’une tendance assez cohérente à l’échelle de la province. Montréal, Québec, Saguenay, Rimouski, Sept-Îles, Val-d’Or et Chibougamau ont tous terminé le mois autour de 1 °C au-dessus de la normale, tandis que Gaspé a fait encore un peu plus chaud avec un écart de 1,5 °C. Sherbrooke s’est retrouvée un peu moins au-dessus, à 0,5 °C, alors que Gatineau a essentiellement fait du surplace, avec une température moyenne dans les normales.

Autrement dit, juillet n’a pas créé de long épisode de chaleur accablante à l’échelle du Québec, mais il a quand même réussi à s’installer un cran au-dessus du scénario habituel dans la plupart des régions. Une seule canicule a été observée dans le sud-ouest et le centre du Québec pour le mois et c'était lors des tout premiers jours.

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La vedette du mois : la pluie

Si la température a fait le décor, la pluie a écrit le scénario. Et quel scénario. Il y a souvent eu plus d’actions que dans plusieurs films hollywoodiens. Le mois de juillet a montré un contraste spectaculaire entre les régions. Certaines ont reçu des quantités assez raisonnables, voire déficitaires, pendant que d’autres se sont fait copieusement arroser. Le meilleur exemple est sans doute Gatineau, qui a terminé le mois avec près de trois fois plus de pluie que la moyenne pour un mois de juillet, soit 279 % de la normale en précipitations. Montréal a tout de même légèrement dépassé la normale avec 109 %, alors que Saguenay a aussi terminé au-dessus, à 122 %. Pendant ce temps, le portrait change complètement ailleurs :

  • Québec : 67 % de la normale

  • Sherbrooke : 71 %

  • Val-d’Or : 60 %

  • Rimouski : 57 %

  • Sept-Îles : 67 %

  • Gaspé : 43 %

  • Chibougamau : 83 %

Ainsi, pendant qu’une partie de l’ouest et du centre du Québec recevait sa juste part - ou plus encore , plusieurs régions de l’est regardaient passer juillet avec beaucoup moins d’eau que prévu. C’est un mois qui a vraiment choisi ses chouchous. Et visiblement, ce n’est pas tout le monde qui était sur la liste. Ottawa a même battu un record absolu de pluie.

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Le cas Ottawa

Ce cas mérite qu’on s’y arrête, parce qu’il illustre parfaitement le caractère exceptionnel de cette séquence pluvieuse dans la région de l’Outaouais. La capitale fédérale a enregistré 282 mm de pluie en juillet 2026, ce qui constitue un nouveau record mensuel absolu. L’ancien record, établi en juillet 2017, était de 249,8 mm. Battre un record de pluie pour un mois donné, c’est déjà notable. Battre un record mensuel absolu, tous les mois confondus par un écart de 13 %, ça donne une assez bonne idée du calibre de ce qui s’est produit. Et quand Ottawa casse ses propres repères, Gatineau n’est généralement pas très loin dans l’histoire.

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Marqué par les orages

Cette pluie est parfois tombée de façon intense. Parfois un peu trop intense. Le mois de juillet a été très actif sur le plan orageux au Québec. Au total, on dénombre 29 jours avec au moins un orage au cours du mois, comparativement à une normale d’environ 27 jours. Ce n’est pas une explosion complète de l’activité orageuse, mais c’est tout de même un mois animé, surtout lorsqu’on regarde certains épisodes marquants. Le 14 juillet, par exemple, pas moins de 31 521 impacts de foudre ont été recensés. C’est le genre de journée qui rappelle rapidement qu’en juillet, l’été québécois peut passer du mode barbecue au mode « sandwichs dans le salon éclairé aux chandelles » en très peu de temps. Et c’est souvent là que s’explique le contraste régional : les orages estivaux sont très efficaces pour gaver certains secteurs de pluie, tout en laissant d’autres zones pratiquement de côté.

Deux réalités

Ce qui ressort du bilan, c’est donc un peu l’idée d’un Québec à deux visages. D’un côté, l’ouest et certains secteurs du centre ont connu un mois plus humide, parfois franchement détrempé, avec plusieurs épisodes orageux et des accumulations impressionnantes. De l’autre, une bonne partie de l’est a terminé juillet avec des déficits marqués en précipitations, malgré un mois qui, vu de loin, pouvait sembler agité un peu partout. C’est souvent ça, le paradoxe de l’été québécois : on peut entendre parler d’orages sans arrêt, avoir l’impression qu’il pleut “tout le temps”, et découvrir grâce aux chiffres que plusieurs régions ont pourtant fini sous la normale. Comme quoi la météo a parfois un vrai talent pour semer la confusion, même avant d’ouvrir ses cartes.

Avec la collaboration de Bertin Ossonon, météorologue.

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