Électricité : des factures salées pour un hiver particulièrement corsé

Qui dit « hiver d’antan », dit périodes de froid soutenues, chauffage qui se démène… et des factures d'électricité qui s’en ressentent.

Comme le chauffage représente la moitié de la consommation d’électricité d’un ménage (et jusqu’à 80 % par grand froid), Hydro-Québec estime à 10 % l’augmentation des coûts d’électricité par rapport à l’année précédente pour la période de novembre à janvier.

Combien de plus sur la facture?

Hydro-Québec chiffre l’effet du froid à l’aide de cas types dans la région de Montréal pour des habitations chauffées à l’électricité. Pour les mois de novembre et décembre 2025 ainsi que janvier 2026, un foyer dans une résidence unifamiliale d’environ 158 mètres carrés (1700 pi²) peut s’attendre à payer environ 100 $ de plus que l’an dernier, uniquement à cause des températures plus froides.

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Pour un 5 ½ d’environ 68 mètres carrés (740 pi²), également à Montréal, Hydro-Québec évalue la hausse à 30 $ par rapport à l’an dernier pour la même période.

Évidemment, plusieurs variables peuvent jouer. « Chaque résidence aura une consommation qui peut être différente selon l’année de construction, la qualité de l’isolation, le nombre d’occupants, les habitudes de vie », explique Cendrix Bouchard, porte-parole d’Hydro-Québec.

Pour ceux qui craignent une facture difficile à absorber, la société d’État rappelle qu’il est possible de prendre une entente de paiement et recommande de communiquer rapidement avec le service à la clientèle.

Quant aux clients inscrits au mode de versements égaux, qui permet de payer un montant stable chaque mois, la mauvaise surprise pourrait survenir plus tard, lors de la révision annuelle de la mensualité.

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Il est possible de suivre sa consommation et de voir l’estimation des coûts prévus sur sa facture ou par le biais de l’Espace client d’Hydro-Québec.

Un hiver corsé, chiffres à l’appui

Pour illustrer concrètement la rigueur de l’hiver, on utilise les degrés-jours de chauffage (DJC). Cet indicateur additionne, jour après jour, l’écart entre une température référence (18 °C) et la température moyenne extérieure. Plus les DJC sont élevés, plus les besoins de chauffage sont importants.

À Montréal (seuil 18 °C), les DJC de novembre à janvier totalisent 2150 en 2025-2026, contre 1927 en 2024-2025 : une hausse d’environ 11 %. Le dernier hiver plus corsé que 2025-2026 en termes de besoins de chauffage remonte à 2017-2018.

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Des pointes déjà nombreuses

Autre indice d’un hiver costaud, Hydro-Québec a déjà comptabilisé 18 événements de pointe hivernale sur un maximum de 30 entre le 1er décembre et le 31 mars. Autrement dit, près des deux tiers des événements ont déjà été déclenchés.

L’effet d’une vague de froid sur la consommation (et la facture) n’est pas seulement dicté par le thermomètre, la durée de l’épisode a également beaucoup à jouer.

« Les bâtiments ont une enveloppe thermique qui permet de conserver la chaleur, mais cette enveloppe thermique va diminuer en efficacité lors d'une période de froid prolongée », affirme Cendrix Bouchard. « Il faudra donc plus d'énergie pour maintenir la chaleur après quelques jours de grand froid qu'il en fallait au début d’une vague de froid. »

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Le porte-parole souligne l’importance des différents outils de gestion de la demande (Hilo, option de crédit hivernal, tarification dynamique) pour réduire la pression sur le réseau électrique lors des périodes critiques.

Lors du bilan de l’hiver précédent (2024-2025), Hydro-Québec estimait que ces mesures permettaient de déplacer ou d’effacer environ 2300 mégawatts de demande.

« Pour vous donner une idée, notre pointe historique de consommation tourne autour de 43 000 mégawatts, précise M. Bouchard. Cette année, on a atteint un peu plus de 40 000 mégawatts. Donc 2300 mégawatts, c’est considérable : c'est l’équivalent de la consommation de 310 000 résidences. »

Une autre vague de froid ce week-end

Après des pannes d’électricité majeures ayant longuement privé d’électricité des secteurs de l’ouest de Montréal lors de la dernière grande vague de froid, Hydro-Québec se veut rassurante à l’approche d’un autre week-end glacial.

« Le bris d’équipement au poste Hampstead n’est pas forcément lié au froid, c’est toujours sous évaluation, mais l’équipement concerné a été remplacé », assure le porte-parole. « On n'anticipe pas de problème au cours des prochains jours dans ce secteur. »

« On a été très clairs, ce n’est pas le niveau de qualité de service auquel nos clients sont en droit de s'attendre, ajoute-t-il. On veut faire mieux et on va faire mieux. »

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La consommation attendue ce week-end ne devrait toutefois pas dépasser le record de cet hiver, enregistré lors du week-end du 24 et 25 janvier.

Avec la collaboration de Bertin Ossonon, météorologue.

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