Hiver 2025-2026 : cet élément crucial a manqué au Québec
Alors que l’hiver météorologique 2025-2026 vient de prendre fin, il est temps de faire un petit retour en arrière pour voir si nos météorologues ont visé juste avec leur aperçu de la saison.
En bref :
Températures sous les normales bien anticipées pour une bonne partie de la province;
Les grosses tempêtes de neige généralisées ont brillé par leur absence;
Les systèmes majeurs ont plutôt balayé nos voisins du sud et l'Ontario.
Le grand retour de l'« hiver d'antan »
Pour l'hiver 2025-2026, nos météorologues avaient annoncé le retour d'un « hiver d'antan », caractérisé par un froid bien présent. De manière générale, cette prévision a tapé dans le mille. L'aperçu prévoyait des températures sous les normales pour l'ouest, le sud et le centre de la province. Les données finales confirment cette tendance, avec des anomalies négatives marquées à Sherbrooke (-2 °C), Montréal (-1,5 °C) et Gatineau (-1,5 °C). L'impression globale de froid a été renforcée par le fait que l'hiver s'est pointé le nez à l'avance en novembre.

Cette zone de froid anormal s'est toutefois rabattue un peu plus au sud que prévu. Alors qu'on anticipait des températures près des normales pour l'est de la province, des secteurs comme Gaspé (+1 °C) et Sept-Îles (+0,5 °C) ont finalement terminé la saison légèrement au-dessus des normales. Malgré ce léger décalage, le scénario glacial s'est concrétisé pour la majorité des Québécois.

L’élément manquant de la saison : les grosses tempêtes
C'est au chapitre des précipitations que l'aperçu ne s’est pas concrétisé comme prévu. Nous avions prévu un hiver neigeux, avec des quantités au-dessus des normales pour la quasi-totalité de la province. Dans les faits, plusieurs secteurs ont accumulé d'importants déficits, notamment à Saguenay (59 % de la normale), Québec (74 %) et Sherbrooke (77 %).

On a eu un bon surplus à Gatineau (116 %), mais à Montréal (102 %), le bilan est à un cheveu de la normale. Dans la métropole, on avait pris de l’avance dans les deux premiers mois de l’hiver, mais février a été moins généreux en neige.

Qu'est-ce qui explique cette situation? La trajectoire des systèmes. L'aperçu misait sur la visite de dépressions costaudes en provenance du sud-ouest des États-Unis (Colorado ou Texas), gorgées d'humidité. Or, le Québec a plutôt vu le passage répété de clippers albertains. Ces petits systèmes provenant de l'Ouest canadien ont apporté de la neige fréquente, mais en quantité modeste.

Un hiver mémorable juste au sud du Québec
Ce n’est pas que ces systèmes costauds n’aient pas eu leur mot à dire cet hiver, mais ils sont passés au sud de nos frontières. Le froid bien installé sur le Québec a en quelque sorte agi comme bouclier, en repoussant les dépressions majeures plus au sud. Le sud de l'Ontario et la côte Est américaine y ont goûté.

Toronto a enregistré une quantité impressionnante de 160 cm cet hiver, pulvérisant sa normale de 81 cm. La Ville Reine a d’ailleurs vu la journée la plus neigeuse jamais enregistrée le 25 janvier, avec jusqu’à 56 cm de neige au centre-ville. New York et Boston ont aussi largement dépassé leurs normales.
Le verdict
En fin de compte, l'aperçu de l'hiver 2025-2026 a bien cerné l'allure des températures, anticipant correctement qu’on connaîtrait un « hiver d’antan » en fort contraste avec les hivers plus doux des dernières années. Cependant, l'absence de systèmes amenant des tempêtes hivernales majeures a fait dérailler la prévision pour ce qui est des précipitations. Considérant ces éléments, on peut raisonnablement s'accorder une note de B pour cet aperçu saisonnier.
Avec la collaboration de Patrick Duplessis, météorologue.
