Voici comment la météo peut bouleverser la fête à l'Halloween

Dame Nature a parfois de mauvais tours dans son sac pour venir saboter l’Halloween. L’histoire météo montre que la pluie abondante et les vents forts sont les désagréments les plus courants, mais il ne faut pas exclure la possibilité d’avoir à glisser un manteau d’hiver sous le costume de la Reine des Neiges.


En bref :

  • L’année dernière la collecte des bonbons dans le sud du Québec s’est passée sous le froid, la pluie et de forts vents;

  • La pluie abondante et les vents violents ont aussi marqué l’année 2019, celle où l’on a « reporté » l’Halloween dans de nombreuses villes;

  • Si une «Halloween blanche », c’est-à-dire avec de la neige au sol, est rare dans le sud, voir des flocons fondants n’est pas inusité.

La loterie de l’Halloween

Il suffit de jeter un coup d'œil aux trois dernières années à Montréal pour constater à quel point le 31 octobre peut réserver des surprises. En 2023, la fraîcheur dominait avec un mercure entre 1 °C et 4 °C, tandis qu'en 2024, il s'est maintenu entre 21 °C et 24 °C lors d'une soirée dégagée aux allures estivales.

Puis, en 2025, c’est la pluie, alimentée indirectement par l'humidité de la tempête Melissa alors au large sur la côte est, qui a marqué les esprits, mais pas seulement. Il n’a pas fait très chaud non plus (de 4 °C à 7 °C à Montréal) et le vent s’est mis de la partie avec des rafales soufflant à plus de 50 km/h.

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« Les trois dernières années ont été marquantes, mais pour des raisons très différentes, résume le météorologue Kevin Cloutier. En 2025, la pluie, le vent et les températures fraîches ont créé des conditions très peu agréables pour la récolte des bonbons, alors qu'en 2024, c'était à peu près idéal avec l'Halloween la plus chaude de l'histoire à Montréal. »

« À l'eau-ween » et vents violents

Dans le palmarès des éléments les plus redoutés un 31 octobre, la pluie et les forts vents, typiques des tempêtes automnales, trônent au sommet. L'exemple le plus frappant demeure la tempête de 2019, qui détient le record de l'Halloween la plus arrosée dans plusieurs secteurs avec 74 mm de pluie à Sherbrooke, 61 mm à Montréal, 55 mm à Québec et 35 mm à Gatineau.

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« En 2019, c'était la pluie qui avait retenu l'attention le 31 octobre, ce qui avait d'ailleurs motivé certaines municipalités à reporter l'Halloween au lendemain, rappelle Kevin Cloutier. Or, le 1er novembre, ce sont les vents qui ont causé des ennuis avec de très fortes rafales soufflant jusqu'à 100 km/h et un million de foyers privés d'électricité. »

Ce même système avait aussi déversé de 15 à 30 cm de neige dans certains secteurs comme les Hautes-Laurentides, où un carambolage avait mené à la fermeture de la route 117 pendant des heures.

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« Halloween blanche » rare, mais pas les flocons fondants

Pour parler d'une « Halloween blanche », comme on le fait pour un Noël blanc, le critère qu’on que l’on applique à MétéoMédia est simple : on doit mesurer au moins 2 cm de neige au sol à 8 h le matin (plusieurs heures avant la collecte des bonbons, normalement).

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Si la probabilité atteint 27 % à Val-d'Or (17 fois en 64 ans) et 10 % à Saguenay, c’est beaucoup plus rare dans le sud du Québec, où la neige peine à s'accumuler à cette période-ci de l'année. Québec n'en compte que trois occurrences en 71 ans — dont celle toute récente de 2023 — et Montréal une seule, en 1962, que la pluie du 31 octobre avait d'ailleurs fini par faire fondre durant la journée.

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Même sans tapis blanc au sol, il n'est toutefois pas inusité de voir des flocons fondants tomber en soirée dans le sud de la province. Les archives du météorologue Réjean Ouimet relèvent notamment des averses de neige ou de neige fondante en 1995, 2001, 2002 et 2010.

En 1993, une tempête avait même débuté tard en soirée à Montréal, avec 26 cm de neige comptabilisés le lendemain (ce qui n’est pas conforme au critère mentionné plus haut pour une « Halloween blanche », mais qui a certainement marqué les esprits).

Un froid glacial

Enfin, le froid peut aussi compliquer les choses. Du côté des bas minimums, le matin du 31 octobre 2020 s'est démarqué avec des records de -14,2 °C à Val-d'Or, -13,1 °C à Sept-Îles, -8,4 °C à Ottawa et -7,8 °C à Gaspé.

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« À noter : les bas minimums sont typiquement enregistrés autour du lever du soleil, ce qui n'est pas nécessairement représentatif de ce qu'on observe entre 16 h et 20 h quand on fait la tournée des bonbons », précise Kevin Cloutier.

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Si on regarde plutôt les bas maximums, 1972 s’illustre, alors que le mercure n'avait pas dépassé 2,8 °C à Montréal et -1,1 °C à Rimouski.

Disons qu’au Québec, ce n’est pas une mauvaise idée de prévoir un costume qui permette d’ajouter des couches si nécessaire. Pour savoir si ce le sera cette année, restez à l'affût de notre prévision pour l'Halloween qui sortira dans les prochains jours.

Avec la collaboration de Kevin Cloutier, météorologue.

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