Grosses tempêtes de neige : c’est loin d’être terminé au Québec
Le sud du Québec n’a pas encore eu droit à une puissante tempête de neige, cet hiver. Les clippers modestes, avec des accumulations dans la dizaine de centimètres, se sont succédés, mais pas vraiment de quoi briser une pelle! Le mois de mars pourrait-il changer la donne? Les chiffres parlent… et ce serait bien possible. Explications.
En bref :
Quand février est froid, mars est normalement plus neigeux, à Montréal;
La métropole a connu 13 fois sa plus forte tempête de la saison en mars;
La dernière quinzaine de centimètres de neige de l’hiver a tendance à être tardive.
Les mois se suivent, mais se ressemblent-ils?
Quand février est froid, mars suit une certaine tendance au niveau des températures, oui. Cependant, qu’est-ce que le second mois du calendrier peut révéler sur son successeur quand on parle des précipitations? D’accord, mars marque le début du printemps météorologique, mais l'hiver est souvent loin d’avoir fini de s’exprimer! Les descentes de froid peuvent survenir et de fortes tempêtes peuvent s’inviter au Québec. Règle générale, un mois de mars plus neigeux à Montréal se présente plus souvent lorsqu’il y a eu du temps froid ou très froid en février.

« Cette année, on est plus dans le froid que le très froid, disons. Si on regarde les mesures enregistrées à l’aéroport de Montréal, autant depuis le début de l’enregistrement des données que depuis les années 1990, on observe plus de neige que la moyenne en mars, quand février est plus froid que sa normale », souligne Patrick Duplessis, météorologue. Il ne serait pas surprenant de voir une quarantaine de centimètres de neige tomber sur la métropole le mois prochain.
Des preuves très neigeuses
Ainsi, selon les statistiques, il n’est pas rare d’avoir la plus importante tempête de neige de l’hiver au cours du mois de mars. D’ailleurs, depuis le début des relevés, Montréal a connu 13 fois sa tempête la plus éprouvante de la saison hivernale en mars. Certaines personnes se souviennent peut-être d’un des événements météo marquants du siècle dernier qui est survenu à Montréal en mars… Eh oui : la pire tempête de neige du 20e siècle s’est tenue dans la métropole le 4 mars 1971! En raison des chutes de neige importantes et des vents violents, l’état d’urgence avait été déclaré au Québec. Sinon, la plus récente tempête de neige particulièrement marquante en mars – la plus grosse de sa saison – est celle du 14 mars 2017.

Heureusement, ou malheureusement du point de vue des skieurs et planchistes, la saison hivernale 2024-2025 semble jusqu’à maintenant experte dans l’art d’esquiver les systèmes monstres. La plus récente preuve? La bombe météo sur la côte est américaine, en activité à la fin février. Le lundi 23 février, en après-midi, certaines régions enregistraient déjà 70 cm de neige. Pendant ce temps, juste un peu plus au nord, c’était le calme plat du côté de Montréal.

« Ça nous démontre qu’il est possible de recevoir d’importantes quantités de neige même en fin de saison », confirme le météorologue.
Des fins de saison surprenantes
Qu’à cela ne tienne, au cours des quatre dernières années, le mois de mars s’est illustré à trois reprises, dans la région de la Capitale-Nationale, comme étant celui qui a accueilli les derniers 15 cm de neige et plus. À Montréal, surprise : ce sont février et avril qui se partagent le grand prix!

Comme quoi on n’est pas sorti du bois… tant qu’on n’est pas sorti du bois!
Avec la collaboration de Patrick Duplessis, météorologue.
