Exceptionnel : le Grand Nord dégèle en plein hiver
C’est le monde à l’envers. Alors que l’hiver devrait être à son apogée, une vague de douceur historique s’empare du Nunavut, faisant grimper le mercure au-dessus du point de congélation. Une situation exceptionnelle car à cette période de l’année, on devrait plutôt voir des -30 °C.
En bref :
Record mensuel territorial de chaleur égalé au Nunavut : 8,1 °C à Pangnirtung;
Alert dépasse 0 °C près de cinq mois plus tôt que la normale;
Contraste saisissant avec le froid extrême dans le nord-ouest du pays.
Des températures estivales en janvier
C'est une situation atmosphérique rarissime qui se joue présentement dans l'Arctique canadien. Une puissante remontée d'air doux, en provenance du Groenland, a réussi à s'infiltrer jusqu'aux latitudes les plus élevées du globe, fracassant des records vieux de plusieurs décennies.

Le cas le plus spectaculaire est sans doute celui de Pangnirtung, sur l'île de Baffin. Le mercure y a atteint 8,1 °C le 4 janvier. Non seulement c'est un record pour la localité, mais cela égale le record mensuel territorial de chaleur en janvier au Nunavut.
Dégel dans l’Extrême-Arctique
Plus au nord encore, les anomalies de température sont impressionnantes. À Grise Fiord, la communauté habitée la plus septentrionale du Canada, le thermomètre a affiché 4,4 °C. Pour mettre ce chiffre en perspective, on peut mentionner que le maximum normal en janvier est de -27,1 °C. C'est une anomalie positive de plus de 30 degrés. Avant cette semaine, il n'avait pas fait au-dessus de 0 °C en janvier à cet endroit depuis le début des relevés en 1984.

Ce 4,4 °C à Grise Fjord est un record mensuel pour janvier, mais c’est aussi plus doux que les records mensuels de novembre, décembre, février, mars et avril!
Même constat à la station d'Alert, située à l'extrême nord de l'île d'Ellesmere. Le mercure a grimpé à 0,9 °C, battant un record de 1958. Normalement, la première température au-dessus de zéro n'y est attendue que vers le 30 mai.

Le Nord canadien coupé en deux
Pendant que le Nunavut vit un dégel historique, l'autre moitié du Nord canadien vit un scénario diamétralement opposé. Le Yukon et les Territoires du Nord-Ouest restent sous l'emprise d'un froid extrême et tenace.

Depuis plusieurs semaines, les avertissements de froid se succèdent dans ces secteurs, avec des épisodes de refroidissement éolien atteignant régulièrement les -40, voire les -50.