De quoi faire des jaloux : près de 30° en plein hiver dans cette région
Une poussée d'air d'une douceur exceptionnelle a donné des airs estivaux au sud-ouest de la France. Le mercure a atteint des sommets historiques, brisant des records qui tenaient depuis des décennies dans certains cas.
En bref :
Nouveaux records mensuels établis, dont à Saint-Gladie avec 29,6 °C;
Écart à la normale atteignant +14 °C pour certaines stations;
L'effet de foehn a servi de catalyseur local à cette chaleur exceptionnelle dans le Sud-Ouest;
Une chaleur remarquable pour février observée aussi loin au nord qu’en Belgique.
Une chaleur digne du mois de mai
Les températures enregistrées ces derniers jours dans le sud-ouest de la France sont dignes d'un mois de mai. Au point le plus chaud, à la station de Saint-Gladie, on a frôlé la barre symbolique des 30 °C mardi. Plus précisément, on a atteint la valeur de 29,6 °C, devançant confortablement l’ancien record mensuel de 27 °C établi le 16 février 2020.

D'autres localités comme Pomps (28,4 °C) et Orthez (28,3 °C) ont également connu des niveaux de chaleur inédits pour un mois de février. Ces marques représentent un écart allant jusqu’à 14 °C au-dessus de la normale saisonnière par endroits.

Pourquoi à cet endroit? L’effet de foehn
Ce pic de chaleur s'explique par un phénomène observé en région montagneuse et au pied des montagnes. Dans ce cas-ci, une configuration de vents provenant du sud-ouest pousse la chaleur vers le nord-est, forçant l'air à franchir la chaîne des Pyrénées, située à la frontière de l'Espagne.

En grimpant sur le versant en amont du relief, selon le sens de la circulation atmosphérique, l'air se rafraîchit et son taux d’humidité augmente, pouvant occasionner des précipitations. Une fois le pic montagneux franchi, en redescendant sur les flancs (dans ce cas-ci le flanc nord en France), l'air s'assèche et se réchauffe. Ce phénomène, connu sous le nom d'effet de foehn, crée un vent chaud dans les secteurs en aval des montagnes.

Des records vieux de plusieurs décennies effacés
La douceur s'est aussi propagée vers la moitié nord du pays effaçant des marques historiques qui tenaient parfois depuis de nombreuses années. À Deauville, en Normandie, le nouveau record de 21,4 °C établi mercredi a battu l'ancienne marque de 20,9 °C datant du 28 février 1960. Au Havre, également en Normandie, les 20,6 °C observés ont devancé le record de 18,5 °C établi en 1998. Paris a également pu profiter d'une journée plutôt confortable avec 20,4 °C.
Souffle printanier jusqu’en Belgique
Cette poussée d'air chaud a même atteint la Belgique. L'observatoire de l'Institut royal météorologique à Uccle, dans la région de Bruxelles, a enregistré un maximum de 19,8 °C mercredi. Il s'agit d'un nouveau record quotidien de température pour un 25 février à cette station, dépassant l'ancienne marque de 18,8 °C.
Avec la collaboration de Nicolas Lessard, météorologue.