Cet élément fait un bond important : les conséquences possibles au Québec

Le couvert de glace sur les Grands Lacs connait un important rattrapage, depuis deux semaines. Mine de rien, la présence ou l’absence de glace sur ces étendues d’eau peut jouer un grand rôle sur le mercure et les précipitations jusqu’au Québec. Explications.

En bref :

  • La glace gagne du terrain sur les Grands Lacs;

  • Selon les scénarios, la présence ou l’absence de glace peut avoir une influence sur l’intensité du froid et des précipitations au Québec;

  • Le golfe du Saint-Laurent n’est pas en reste non plus, au niveau couvert de glace;

  • L’est du Québec pourrait bientôt connaître son mercure le plus froid de l’hiver jusqu’à maintenant.

L’heure est au rattrapage

On observe présentement une couverture de glace de 46 % en moyenne, à travers les Grands Lacs. Par exemple, le lac Érié est désormais pratiquement entièrement couvert de glace. En date du 14 janvier dernier, le pourcentage de ces grandes étendues d’eau gelées était à 5 %. « C’est donc un très gros rattrapage qui a été fait, au cours des deux dernières semaines, avec le froid quand même imposant qui s’est mis de la partie », mentionne Kevin Cloutier, météorologue.

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La présence ou l’absence de glace sur ces étendues d’eau peut avoir une grande influence sur les tendances hivernales de la Belle Province. Comment exactement?

Scénario un : lorsque les Grands Lacs ne sont pas gelés

Une telle situation peut avoir des effets sur l’intensité du froid qui visite le Québec. Lorsqu’une masse d’air froid provient de l’Ouest canadien et passe au-dessus des Grands Lacs alors que ceux-ci sont libres de glace, les froids peuvent être atténués. « En prime, ça peut bonifier les quantités de précipitations associées à un système, en injectant un peu plus de vapeur d’eau dans celles-ci », ajoute Kevin Cloutier.

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Scénario deux : lorsque les Grands Lacs sont plus couverts de glace

En revanche, si les Grands Lacs sont plus gelés, ça peut avoir pour effet que les froids auront tendance à être plus intenses. Ceci advenant le cas que ces froids prennent cette route à ce moment, plutôt que lorsque les eaux sont libres de glace.

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Des froids plus intenses… Disons que le Québec a déjà été amplement gâté sur ce plan, cet hiver!

La suite des choses

À noter que c’est normalement vers la mi-février que le sommet de la saison, en ce qui concerne la glace sur les Grands Lacs, est atteint. Généralement, à cette période de l’année de 40 à 45 % de la surface des Grands Lacs est gelée. Avec les 46 % observés à la fin du mois de janvier, ce seuil est donc déjà atteint! D’ailleurs, voilà qu’on voit déjà poindre à l’horizon une autre vague de froid intense en Ontario et au Québec… La couverture de glace va sans doute être appelée à poursuivre son expansion, au cours des prochaines semaines.

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Autre fait intéressant : on observe également une couverture de glace plus importante sur le golfe du Saint-Laurent qu’au cours des dernières années à la même période. Résultat? Pour l’est du Québec, les effets pourraient être encore plus directs. « Cette région pourrait prochainement connaître ses températures les plus froides de l’hiver, jusqu’à maintenant, l’imposant couvert de glace sur le golfe du Saint-Laurent offrant peu de résistance au froid », explique le météorologue.

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Bref, comme quoi il ne faut jamais sous-estimer le pouvoir de la glace!

Avec la collaboration de Kevin Cloutier, météorologue.

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