Vers un « super El Niño »? Le niveau de confiance augmente

Les modèles météorologiques pointent de plus en plus vers la formation rapide d'un puissant El Niño au cours des prochains mois.

En bref :

  • Réchauffement marqué et rapide des eaux du Pacifique équatorial;

  • Le modèle météo européen pointe avec assurance vers un « super El Niño », soit une anomalie de +2 °C;

  • Conséquences possibles : des records de chaleur et plus de phénomènes météo extrêmes à l'échelle planétaire;

  • Activité des ouragans stimulée dans le bassin Pacifique, mais freinée dans l'Atlantique.

Un réchauffement qui s'accélère

Rappelons d'abord que le système ENSO (« El Niño – Southern Oscillation », El Niño – Oscillation australe) est un cycle naturel, suivi de près par les scientifiques, qui repose sur les variations de température des eaux en surface dans l'océan Pacifique équatorial.

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Quand celles-ci sont anormalement chaudes, on parle de conditions El Niño; si elles sont plutôt anormalement froides, de La Niña; et autrement, on parle de conditions neutres. Ces différentes situations ont des conséquences majeures sur la circulation atmosphérique et le climat à l’échelle mondiale, mais aussi sur les saisons des ouragans en Amérique et sur les conditions météorologiques au Canada.

Au cours des quatre premiers mois de 2026, les températures de surface de la mer dans ce secteur sont rapidement passées d’un niveau sous les normales à un niveau supérieur à celles-ci. L’anomalie se situe autour de 0,3 °C au-dessus de la normale en début mai.

L'anomalie continue de grimper et l'évolution de la situation suggère que nous pourrions nous approcher de valeurs historiques. On pourrait même battre le record de 1982-1983, l’épisode El Niño le plus puissant jamais enregistré.

Des modèles de plus en plus confiants

Plusieurs modèles météorologiques affichent un niveau de confiance de plus en plus élevé quant à l'intensité de l'événement à chaque nouvelle prévision, lesquelles sont généralement émises tous les mois.

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En comparant les prévisions d'avril à la nouvelle mise à jour de mai, on remarque que la majorité des scénarios des modèles nord-américains convergent. Presque tous les membres des modèles d'ensemble montrent que les anomalies de la température de l'eau dans la région Niño 3.4 atteindront ou dépasseront le seuil critique de 2,0 °C au-dessus des normales d'ici l'automne ou la fin de 2026, ce qui nous ferait basculer en territoire « super El Niño ».

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Par ailleurs, ces derniers jours, les prévisions du modèle européen (ECMWF) ont beaucoup fait réagir la communauté météorologique et généré la publication de nombreux articles dans les médias.

Ce modèle d'ensemble simule de multiples scénarios en faisant varier légèrement les conditions de départ afin d'évaluer un large éventail de possibilités. Or, tous les scénarios envisagés par le modèle montrent que les anomalies atteindront ou dépasseront le seuil de +2,0 °C d'ici la fin de l'année. Bien que rien ne soit encore coulé dans le béton, cette tendance lourde a de quoi inquiéter.

Des impacts mondiaux importants

Un événement de cette ampleur agit comme un catalyseur sur la machine climatique. Parmi les effets possibles d'un « super El Niño », on compte une hausse globale des températures, ce qui multiplie les risques de canicule.

De plus, une atmosphère plus chaude a la capacité de contenir de plus grandes quantités d'eau. Cela se traduit par un potentiel accru de précipitations intenses et de phénomènes météorologiques extrêmes.

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Ce changement de régime atmosphérique influence aussi généralement l’activité tropicale dans les bassins Atlantique et Pacifique, mais de manière différente. L'activité risque d'être fortement stimulée dans les bassins central et oriental du Pacifique. Des eaux plus chaudes, jumelées à des conditions instables, offriront un terreau fertile au développement des cyclones tropicaux.

Cette situation pourrait placer des régions côtières du Mexique, comme Acapulco et Puerto Vallarta, ainsi que l'archipel d'Hawaï, sous un risque accru d'impacts directs. La Californie et le sud-ouest américain devraient également surveiller les risques liés au passage des restes de ces systèmes.

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À l'inverse, ce même contexte atmosphérique tend à générer plus de cisaillement, ce qui nuit à la formation d'ouragans dans le bassin Atlantique. Il est toutefois primordial de rappeler qu'il suffit d'une seule tempête touchant terre pour causer des dégâts majeurs. La préparation demeure donc de mise pour toutes les régions côtières, peu importe les prévisions saisonnières.

Texte adapté d'un article de Dennis Mersereau publié sur The Weather Network.

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