Une tempête inquiétante est en voie de devenir un typhon destructeur
La tempête tropicale Bavi est en train de s'organiser rapidement dans le Pacifique ouest, et tout indique qu'elle pourrait prendre de l'ampleur dans un délai assez court. Explications.
En bref
La tempête Bavi gagne rapidement en organisation et en intensité;
Une intensification rapide pourrait la mener jusqu'au stade de violent typhon;
La trajectoire vise les îles Mariannes et Guam:
Même sans toucher directement terre, la tempête peut provoquer des impacts sérieux.
Une tempête qui pourrait très vite changer de ton
Pour le moment, le système reste encore au stade de tempête tropicale, mais son intensification semble déjà bien enclenchée. Les vents soutenus étaient d'environ 100 km/h dans le plus récent point publié par les autorités de Guam, contre 75 km/h plus tôt dans la journée. Jeudi matin, la pression atmosphérique au centre du système était de 992 hPa, mais certains modèles prévoient une baisse rapide sous la barre des 900 hPa, ce qui est extrêmement bas, même pour un typhon. Une pression aussi basse cause inévitablement des vents très forts.

Une intensification rapide
C'est le point qui retient le plus l'attention. Selon les dernières prévisions, Bavi pourrait connaître une intensification rapide à l'approche des Mariannes. Les conditions atmosphériques qui freinaient encore un peu son organisation devraient changer et ouvrir la porte à un renforcement beaucoup plus marqué. Autrement dit : la tempête que l'on observe aujourd'hui pourrait être complètement différente de celle qui approchera de la région de Guam et qui sait, de Taiwan ou de la Chine dans quelques jours.

Certaines projections vont même jusqu'à envisager un système atteignant le stade de super typhon, avec des vents pouvant grimper vers 250 km/h, voire davantage dans les scénarios les plus catastrophiques. Ce genre de prévision reste à manier avec prudence, mais il montre clairement que le potentiel de renforcement est majeur.
Une trajectoire à surveiller de près
À ce stade, la trajectoire exacte n'est pas encore fixée. Le scénario privilégié place Bavi en direction des îles Mariannes du Nord, avec un passage possible entre Guam et Anatahan sous la forme d'un typhon bien développé. Le système se trouvait encore à plus de 1 600 km à l'est de Guam au dernier bulletin, mais il progresse vers l'ouest-nord-ouest dans un environnement de plus en plus favorable. Il faut retenir que quelques dizaines de kilomètres de décalage dans la trajectoire peuvent faire une énorme différence sur les impacts ressentis à terre.

Des conséquences qui peuvent être sérieuses
C'est un point essentiel avec ce type de système : un atterrissage direct n'est pas nécessaire pour causer des dégâts importants. Si le cœur du système passe sur une île ou très près des terres, le risque grimpe rapidement pour :
les vents destructeurs;
les pluies torrentielles;
les inondations locales;
les vagues dangereuses;
les pannes de courant et dommages aux infrastructures.

Même sans impact direct au sol, Bavi pourrait tout de même y générer de fortes vagues, une mer très dangereuse, des rafales puissantes dans les bandes externes et des pluies parfois intenses. C'est souvent le piège avec les systèmes en pleine intensification : ils peuvent rester loin des côtes tout en produisant des conditions très sérieuses loin de leur centre.
Une question de synchronisme
Le système devrait s'approcher des Mariannes dans environ quatre jours, selon les projections actuellement disponibles. Et c'est justement ce délai qui laisse de la place à une montée en puissance supplémentaire. Plus Bavi reste au-dessus d'eaux très chaudes dans un environnement favorable, plus le risque de voir la tempête franchir rapidement plusieurs paliers augmente.
Pourquoi la prudence est de mise
Il y a encore de l'incertitude, notamment sur deux éléments : la trajectoire précise et l'intensité maximale réelle. Un léger virage plus au nord ou plus au sud changerait nettement les zones les plus exposées. Ensuite, les modèles s'accordent sur un net renforcement, mais pas forcément sur le niveau exact atteint au pic. Cela dit, sur le fond, le message est assez clair : Bavi n'a probablement pas fini de se renforcer et pourrait causer de sérieux problèmes.
Avec la collaboration de Bissem Boujnane, météorologue.
