
Une microlune bleue : ne manquez pas la deuxième pleine lune de mai
La prochaine pleine lune sera doublement spéciale. Voici tous les détails sur ce qu’elle nous réserve.
En bref :
La lune sera pleine à 4h45 HAE le matin du 31 mai;
Ce sera la deuxième pleine lune du mois de mai;
Elle sera si éloignée de la Terre qu’elle portera l'appellation de microlune.
Deux pleines lunes en mai
Le mois de mai a déjà connu une pleine lune au tout début du mois. Celle du 31 mai sera donc la deuxième pleine lune du même mois. C’est précisément ce qu’on appelle une lune bleue dans son sens le plus populaire : la deuxième pleine lune d’un même mois. Ce n’est pas un événement extrêmement rare, mais ce n’est pas fréquent non plus. En moyenne, une lune bleue revient environ tous les 2 à 3 ans, ce qui est assez rare pour qu’on la remarque, mais pas assez pour que les astronomes en échappent leur télescope.

Pourquoi “lune bleue” si elle n’est pas bleue?
Parce que l’astronomie aime parfois semer la confusion dans le vocabulaire populaire. Dans la grande majorité des cas, une lune bleue n’est pas vraiment bleue. Le terme désigne simplement cette deuxième pleine lune dans un même mois. L’expression anglaise once in a blue moon, pour décrire un événement peu commun, vient justement de ce caractère peu fréquent. Pour voir une lune réellement teintée de bleu, il faut des conditions atmosphériques particulières, souvent liées à de fines particules en suspension dans l’air. Bref, pour celle-ci, mieux vaut s’attendre à une lune d’une teinte normale, mais avec un nom ... coloré un peu prétentieux.

Pourquoi une microlune?
Cette pleine lune sera aussi une microlune, c’est-à-dire une pleine lune qui survient alors que notre satellite se trouve près de l’apogée, le point le plus éloigné de son orbite autour de la Terre. Comme l’orbite lunaire n’est pas parfaitement circulaire, la distance entre la Terre et la Lune varie. Quand la pleine lune survient près du point le plus éloigné, elle paraît un peu plus petite et un peu moins brillante qu’une superlune.
Il ne faut pas s’attendre à être renversé tellement la Lune aura rapetissé. La différence existe, mais elle est subtile. Disons que c’est davantage un détail pour amateurs de Lune et gens particulièrement motivés à comparer des photos.

Quand l’observer au Québec?
Le moment exact de la pleine lune tombera à 4 h 45 du matin, heure avancée de l’Est. Pour l’observation, on doit se rappeler que la Lune sera très belle la veille au soir et dans la nuit, puis encore au lever du jour. Au Québec, les meilleurs moments pour l’admirer seront souvent :
au coucher du Soleil la veille, lorsqu’elle se lève à l’horizon;
en soirée, quand elle sera bien dégagée dans le ciel;
ou avant l’aube, près du moment exact de la pleine lune.
Comme toujours, l’idéal est de trouver un endroit avec un horizon dégagé, loin des lumières trop fortes si possible. Mais bonne nouvelle: la pleine lune est tellement lumineuse qu’elle se laisse très bien voir même en ville.
À quoi s’attendre dans le ciel?
Visuellement, cette pleine lune ressemblera surtout à une belle pleine lune classique, bien ronde, bien brillante, avec peut-être un effet encore plus spectaculaire lorsqu’elle sera près de l’horizon. À ce moment-là, même si elle est une microlune, elle peut sembler énorme à cause de l’illusion lunaire, un effet bien connu qui donne l’impression que la Lune est plus grosse quand elle est basse dans le ciel. Et non, ce n’est pas contradictoire avec le fait qu’il s’agisse d’une microlune. La physique dit “un peu plus petite”, mais notre cerveau, lui, adore nous jouer des tours.
Un petit événement lunaire qui mérite le détour
Entre son statut de deuxième pleine lune de mai, son étiquette de lune bleue et son profil de microlune, celle du 31 mai coche plusieurs cases à la fois. Ce n’est peut-être pas la pleine lune la plus spectaculaire de l’année sur le plan visuel, mais certainement l’une des plus intéressantes à raconter. Et franchement, une Lune qui est à la fois rare, un peu plus lointaine que d’habitude, et affublée d’un nom qu’elle ne mérite même pas tout à fait, ça mérite bien un coup d'œil vers le ciel.
Avec la collaboration de Nicolas Lessard, météorologue.
