Un feu de forêt menace d’atteindre une ligne d’Hydro-Québec

Même si on est loin d’une situation alarmante ou hors de contrôle, la situation des feux de forêt demeure à surveiller de près au Québec. Explications.


En bref :

  • Danger extrême de feu de forêt dans certains secteurs, notamment en Jamésie;

  • Un feu est à proximité d'infrastructures d'Hydro-Québec, près de la centrale La Grande 1;

  • 43 feux actifs en date du 25 juin;

  • Interdiction de faire des feux à ciel ouvert au nord de l’Abitibi.

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De la pluie, mais pas partout

Même si la pluie a dominé ces derniers dans le sud du Québec, 43 feux de forêt sont actuellement actifs à travers la province, dont 39 dans la zone nordique. Le feu 223 retient une certaine attention car il semble se trouver dans un secteur sensible où se trouvent certaines infrastructures, y compris une ligne d'Hydro-Québec à proximité de la centrale La Grande 1. D’ailleurs, la SOPFEU garde habituellement les incendies en observation sans intervenir dans la zone nordique, mais dans le cas du feu 223, selon Mélanie Morin de la SOPFEU,

« 20 pompiers combattent actuellement cet incendie à l’aide de deux hélicoptères, en raison de la proximité d’infrastructures d’Hydro-Québec ».

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Des interdictions

Même si plusieurs restrictions ont déjà été levées plus tôt en juin, une interdiction de faire des feux à ciel ouvert en forêt ou à proximité est de nouveau en vigueur dans une partie du Nord-du-Québec depuis le 23 juin. Elle vise des secteurs nordiques où les conditions favorisent la propagation du feu. La SOPFEU rappelle qu'il est interdit d'allumer ou d'entretenir un feu à ciel ouvert, mais aussi de se trouver sur les lieux où un tel feu est allumé.

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Menace dans les prochains jours

Le principal enjeu à court terme n'est pas forcément une augmentation rapide du nombre de feux, mais plutôt la possibilité que les incendies déjà en activité profitent de conditions favorables pour prendre de l’ampleur. Quand l'air est sec, que les vents se lèvent et que des orages apparaissent sans donner beaucoup de pluie, le danger augmente rapidement. Les prochains jours seront donc à surveiller pour trois raisons habituelles:

  • Le vent, qui peut accélérer la progression d'un feu et compliquer le travail des équipes au sol.

  • La faible humidité, qui assèche les combustibles et rend la forêt plus réceptive.

  • Les orages, surtout s'ils produisent de la foudre avec peu de précipitations, un cocktail classique pour de nouveaux départs de feu.

Des causes souvent humaines

Un point important à rappeler: au Québec, la majorité des feux de forêt sont causés par l'activité humaine. La SOPFEU souligne notamment le brûlage de rebuts, les feux de camp, les articles de fumeurs, les véhicules tout-terrain et les cendres chaudes parmi les causes fréquentes. Autrement dit, même quand la météo devient plus menaçante, une bonne partie du risque reste évitable. Dans plusieurs cas, quelques gestes de prudence font une vraie différence.

Zone de protection intensive vs zone nordique: quelle différence?

C'est une distinction importante quand on parle des feux au Québec. La zone de protection intensive correspond aux régions plus au sud, soit plus habitées et plus accessibles. C'est là où la SOPFEU concentre ses efforts de détection rapide et d'intervention soutenue pour protéger les populations, les communautés, les infrastructures et les secteurs les plus fréquentés. La zone nordique, elle, couvre un vaste territoire beaucoup plus éloigné. La ligne de démarcation est loin d’être droite mais se situe quelque part entre le 50ème et le 51 ème parallèle. Les interventions n'y sont pas forcément menées de la même façon ni avec la même intensité partout, notamment en raison de l'éloignement, de l'accessibilité et des priorités de protection. En clair, la réponse est adaptée au risque pour les personnes, les communautés et les infrastructures stratégiques. La SOPFEU distingue d'ailleurs clairement ces deux zones dans son état de situation provincial. Autre distinction : la foudre est la cause principale des feux de forêt dans la zone nordique, car l’activité humaine y est très rare.

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Portrait nuancé

Sans être alarmant, le portrait actuel demande donc de la vigilance. Certains incendies sont surveillés de près, les interdictions ciblées montrent que le risque n'est pas uniforme d'une région à l'autre, et la météo des prochains jours pourrait compliquer la situation localement. Mais on n'est pas dans un contexte où tout le Québec est à risque. Comme souvent avec les feux de forêt, tout se joue à l'échelle régionale: un secteur peut demeurer relativement calme pendant qu'un autre devient plus problématique en peu de temps.

Avec la collaboration de Kevin Cloutier, météorologue.

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