Un dôme de chaleur dans ces régions va aggraver trois problèmes

Le dôme de chaleur qui s’installe aux États-Unis va apporter des maximums accablants, mais aussi des minimums très élevés. Santé publique, feux de forêt et gestion de l’eau : les autorités pourraient devoir jongler avec trois problèmes.


En bref :

  • Un dôme de chaleur va étouffer une grande partie des États-Unis durant plus d’une semaine;

  • Le mercure pourrait dépasser les 45 °C dans quelques grandes villes;

  • La chaleur et l’absence de pluie vont sans doute empirer la situation des feux de forêt;

  • La sécheresse fragilise la production d’hydroélectricité.

Des risques qui s’accumulent

Un vaste dôme de chaleur va s’imposer sur l’ouest et le centre des États-Unis au cours des prochains jours, avec des températures suffocantes de jour et un pas vraiment de répit la nuit. Sous cette masse d’air chaud bloquée en altitude, plusieurs régions vont voir le mercure grimper à des niveaux très élevés, notamment dans le Sud-Ouest, où les maximums pourraient facilement atteindre ou dépasser les 45 °C dans les secteurs les plus touchés.

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Le maximum ne dit pas tout

Ce sont souvent les températures maximales qui attirent l’attention, et avec raison. Entre l’Arizona, le Nevada, l’Utah, le Nouveau-Mexique et certaines portions des plaines du sud, la chaleur s’annonce intense, durable et parfois extrême. Des exemples ? 46° à Las Vegas, 45° à Phoenix, mais des maximums à des endroits plus inattendus comme 45° à Oklahoma City ou 38°C à Boise en Idaho. Le mercure pourrait même atteindre 50° à Furnace Creek, qui portera parfaitement son nom en milieu de semaine.

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Mais le vrai problème, dans ce type de configuration, ne se limite pas à ce qui se passe en plein après-midi. Le danger augmente aussi lorsque les températures minimales restent anormalement élevées. Dans plusieurs grandes vagues de chaleur, les nuits deviennent elles aussi tropicales ou presque, avec des valeurs qui descendent à peine.

Pourquoi les nuits chaudes sont si préoccupantes

On rappelle que le minimum prévu est atteint au lever du soleil et non en fin de soirée. À Phoenix par exemple, après un maximum de 45° aujourd’hui, le minimum sera de 34° la nuit prochaine, mais vers 6 h 00 du matin. À 23 h 00 mardi soir, le mercure sera à 40°. Quand le mercure reste très haut jusqu’au petit matin, le corps récupère moins bien, les bâtiments accumulent la chaleur et la pression augmente sur les réseaux électriques à cause de la climatisation qui tourne sans arrêt. Sans refroidissement nocturne, la chaleur s’accumule d’un jour à l’autre. Cela peut aggraver:

  • la fatigue thermique;

  • les risques pour les personnes âgées ou vulnérables;

  • les problèmes dans les logements peu climatisés;

  • la demande en électricité.

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Autrement dit, une canicule devient beaucoup plus difficile à traverser quand la nuit ne joue plus son rôle de pause.

Un cocktail dangereux pour les feux de forêt

Cette chaleur survient en plus dans un contexte déjà tendu pour les feux de forêt. Quand un dôme de chaleur s’installe, l’air a tendance à s’assécher, les nuages se font plus rares et les précipitations deviennent limitées. Résultat: les sols, la végétation et les combustibles forestiers perdent encore plus d’humidité. C’est exactement le type de scénario qui favorise la propagation rapide des incendies déjà en cours. Dans certaines zones de la Colombie-Britannique et du Nord-Ouest états-unien, les foyers actifs évoluent déjà dans un environnement très chaud et très sec, avec peu de pluie à l’horizon.

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La chaleur aggrave fortement le comportement du feu. Un brasier déjà actif peut ainsi devenir plus intense, plus imprévisible et plus difficile à contenir. Jusqu’ici en 2026, on a répertorié près de 50 000 feux aux États-Unis, qui ont détruit plus de 29 000 kilomètres carrés de forêt. C’est plus que toute la superficie d’Haïti.

La sécheresse s’aggrave aussi

Au-delà des incendies, ce dôme de chaleur vient aussi accentuer une autre crise plus lente, mais tout aussi importante: la sécheresse. Dans l’Ouest états-unien, plusieurs bassins subissent depuis longtemps les effets combinés du manque de précipitations, de la chaleur excessive et d’une évaporation soutenue. Et quand une nouvelle poussée de chaleur intense s’ajoute au tableau, la situation se détériore encore. L’un des symboles les plus frappants de cette crise demeure le lac Powell, dont le niveau continue d’inquiéter. Il a baissé de plus de 600 cm depuis le début de l’année. Le réservoir est tombé à un niveau extrêmement bas, au point de se rapprocher d’un seuil critique pour le barrage Glen Canyon.

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Lake Powell s’approche d’un seuil préoccupant

L’enjeu ne concerne pas seulement le paysage ou la navigation. Si le niveau d’eau descend trop bas, le barrage de Glen Canyon pourrait avoir de plus en plus de difficulté à produire de l’électricité. Les autorités surveillent l’approche du seuil critique pour l’hydroélectricité, qu’ils appellent « dead power pool ». Quand un grand réservoir s’approche de cette limite, ce n’est plus seulement un signe de sécheresse : cela touche directement la gestion de l’eau et de l’énergie dans tout le Sud-Ouest du pays. Dans le pire des scénarios, le barrage devrait cesser de produire de l’électricité. On parlerait donc de 1 320 mégawatts que la population devrait trouver ailleurs pour climatiser leur demeure. Dans ce contexte, chaque épisode de chaleur extrême ajoute une pression supplémentaire sur un système déjà fragilisé.

Une chaleur qui est plus que des chiffres

Ce genre de dôme de chaleur ne se résume donc pas à quelques records ou à des journées inconfortables. Ses effets peuvent se multiplier rapidement:

  • santé publique mise à rude épreuve;

  • nuits étouffantes qui empêchent la récupération;

  • feux de forêt favorisés par la sécheresse et le manque de pluie;

  • stress hydrique accentué dans les grands réservoirs de l’Ouest.

Bref, la chaleur devient un facteur aggravant sur presque tous les fronts.

Avec la collaboration de Dr Patrick Duplessis, météorologue.

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