Tempête Debby : la catastrophe pourrait-elle se reproduire cette année?

Il y a exactement deux ans, les vestiges de l’ouragan Debby étaient de passage en territoire québécois, déversant d’impressionnantes quantités de pluie, surtout dans le sud de la province. Avec les épisodes d’orages violents et de pluie torrentielle assez fréquents cet été, on peut en venir à se demander si le Québec est à l’abri d’un tel événement… Explications.

En bref :

  • Une combinaison de deux systèmes parfaitement synchronisés à la source de cet événement mémorable d’août 2024;

  • Plus de 150 mm de pluie sont tombés sur Montréal au cours de cet épisode;

  • Il s’agit de l’événement de météo active le plus coûteux de l’histoire du Québec;

  • Une faible activité tropicale dans le bassin atlantique devrait nous éviter de revivre une telle catastrophe cet été.

Un grand ménage imposé

Le moment est venu d’effectuer un petit voyage dans le temps… Il y a deux ans, les rues de nombreux quartiers du Québec ont involontairement pris des allures de débarras. Des objets et des meubles normalement rangés au garage ou au sous-sol se sont soudainement retrouvés dans les stationnements de certaines résidences ou carrément empilés en bordure de la rue. Un peu comme si tous les voisins s’étaient donné le mot pour faire un grand ménage printanier, mais en plein cœur de l’été. Dans les faits, ce « ménage » était plutôt un grand nettoyage suivant les ravages des vestiges de l’ouragan Debby, avec ses impressionnantes quantités de précipitations et des inondations qui se sont multipliées, par endroits.

DEBBY 1

Cependant, Debby n’est pas la seule coupable à pointer du doigt pour les inondations d’août 2024. « Les restes de l’ouragan Debby ont remonté la côte est américaine, interagissant avec un système dépressionnaire en provenance de l’Ouest canadien. Ce croisement entre ces deux événements a pompé les précipitations directement sur Montréal, Laval et pratiquement tout le sud du Québec », explique Patrick Duplessis, météorologue.

Des records mémorables

Ainsi, ce sont 158 mm de pluie qui sont tombés sur Montréal en 24 h, un record absolu. Le record précédent était de 94 mm, le 8 novembre 1996. Une station personnelle, dans le secteur de Lanoraie (dans Lanaudière) a même enregistré 221 mm, le 9 août 2024.

DEBBY 2

Avec des inondations pour le moins importantes, il s’agit de l’événement de météo active le plus coûteux de l’histoire du Québec, surpassant la fameuse crise du verglas de janvier 1998! On parle de près de 2,5 milliards de dollars en dommages.

DEBBY 3

Les ingrédients ne sont pas au menu pour l’instant

Puisqu’on se retrouve au même moment du calendrier, mais deux ans plus tard, devrions-nous nous préoccuper d’une situation similaire, cette année? Si on remonte aux sources mêmes du « phénomène » Debby, on doit se rendre jusqu’à sa naissance dans les eaux de l’océan Atlantique. Eh bien, si ça peut vous rassurer, en ce moment les probabilités de développement d’un système tropical dans ce bassin au cours des sept prochains jours sont de seulement 20 %!

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Pendant que le bassin du Pacifique connaît une saison assez active, une certaine accalmie est observée dans celui de l’Atantique. Ainsi, le fait que l’activité tropicale soit assez calme jusqu’à la mi-août réduit davantage les probabilités qu’un événement majeur du type de Debby en 2024 en vienne à nous toucher cette saison.

Avec la collaboration de Patrick Duplessis, météorologue.

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