Risque extrême de feux de forêt mais il y a une bonne nouvelle

Le soleil et la chaleur sont enfin de retour, mais ils viennent avec un inconvénient majeur : le risque de feux de forêt.


En bref :

  • Le risque de feux de forêt est de niveau très élevé à extrême sur presque tout le territoire du Québec;

  • La pluie prévue samedi devrait aider un peu la situation dans le centre de la province;

  • 188 feux de forêt ont déjà fait rage depuis le début de l’année.

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Risque entre élevé et extrême

Le risque d'incendie atteint actuellement des niveaux extrêmes dans presque toutes les régions du Québec, sauf dans la vallée du Saint-Laurent, ou il est tout de même de élevé à très élevé. C’est un signal très préoccupant en ce début de saison. La combinaison d'un temps sec, du soleil, du vent et d'une végétation de surface encore très inflammable crée un cocktail particulièrement dangereux, au point où le moindre geste anodin peut suffire à déclencher un feu.

Une période délicate

La SOPFEU rappelait déjà récemment que plusieurs régions du sud et de l'est du Québec voyaient leur indice de danger grimper rapidement, notamment en Outaouais, dans les Laurentides, Lanaudière, la Montérégie, la Mauricie, le Centre-du-Québec, l'Estrie et Chaudière-Appalaches. À cette période de l'année, avant le déploiement complet du feuillage dans certains secteurs, les herbes sèches, les feuilles mortes et les broussailles au sol s'assèchent à grande vitesse. Quelques heures de soleil et un vent modéré suffisent alors à faire bondir le danger.

Pourquoi le danger grimpe si vite?

Le niveau extrême correspond au plus haut échelon de l'indice de danger de la SOPFEU. Dans ce contexte, le risque n'est plus seulement celui d'un feu qui démarre facilement. On parle aussi d'un incendie capable de se propager rapidement, d'atteindre les cimes et de devenir très difficile à contrôler. La recommandation est donc sans nuance: éviter tout feu à ciel ouvert. Autrement dit, ce n'est pas le moment de jouer avec le feu, au sens propre comme au figuré.

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La pluie va offrir un certain répit

Un changement de décor va toutefois se profiler pour une partie du Québec. La pluie attendue samedi va apporter un soulagement dans certains secteurs, surtout là où les précipitations seront suffisantes pour humidifier les couches superficielles de végétation. Ce répit ne sera toutefois ni uniforme ni garanti partout. Une pluie légère ou trop brève peut réduire temporairement le danger sans vraiment corriger le déficit d'humidité au sol. Dans les secteurs qui recevront les quantités les plus appréciables, le risque pourra baisser pour un temps. Ailleurs, il suffira ensuite de quelques heures de soleil, d'un peu de vent et d'une faible humidité pour que la situation se détériore de nouveau. En clair, samedi va aider, mais il ne va pas nécessairement régler le problème.

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Déjà 188 feux cette saison

Depuis le début de la saison de protection, 188 incendies ont déjà fait rage dans la zone de protection intensive, touchant 194 hectares de forêt. Ce chiffre est légèrement sous la moyenne à cette date, qui est de 213. Notons que 182 de ces feux sont attribuables à l'activité humaine. Cela veut dire qu'une immense majorité d'entre eux auraient pu être évités.

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Les années se suivent...

En 2025, la saison a été inhabituelle: très calme au départ, puis beaucoup plus active à l'automne sous l'effet d'une sécheresse prolongée. La SOPFEU a alors combattu 527 feux, soit davantage que la moyenne décennale, mais sur une superficie relativement limitée de 1 313,7 hectares dans la zone de protection intensive.

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En 2024, le Québec a connu 352 feux dans cette même zone, pour 13 884 hectares brûlés. C'était moins de feux que la moyenne, mais avec tout de même une superficie notable, dans un contexte marqué entre autres par 12 jours consécutifs sans pluie importante entre la fin mai et le début juin.

Et puis, il y a 2023, l'année qui a tout changé dans l'imaginaire collectif. Cette saison-là est devenue historique, avec 566 feux dans la zone intensive et près de 1,1 million d'hectares brûlés dans cette zone seulement. En ajoutant la zone nordique, le total a dépassé 4,3 millions d'hectares, un record au Québec à l'échelle du dernier siècle.

Vigilance en attendant le répit

Même si certains secteurs vont profiter de la pluie de samedi, la prudence va devoir rester maximale d'ici là. Avec un danger extrême, un mégot jeté au sol, un brûlage de rebuts, un feu de camp mal éteint ou une étincelle accidentelle peuvent suffire à déclencher une intervention. La situation actuelle rappelle une réalité simple: au Québec, la saison des feux peut s'emballer très vite, bien avant le cœur de l'été. Et quand l'indice grimpe à l'extrême, la meilleure prévention reste souvent la plus simple: ne rien allumer du tout.

Avec la collaboration de Bissem Boujnane, météorologue.

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