Risque de tornade en plein hiver : 20 millions de personnes sur le qui-vive

L’hiver nous en fait voir de toutes les couleurs cette année en Amérique du Nord. Au beau milieu de février, des États du Midwest doivent affronter un risque de tornades. Explications.


En bref :

  • Risque élevé d’orages violents en Illinois et en Indiana;

  • 10 % de probabilités de tornades EF2 à EF5 dans la même région;

  • Il y a 6 fois plus de tornades au printemps qu’en hiver aux États-Unis.

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Tornade et dégâts rapportés en Illinois

Le risque de tornades s'est matérialisé jeudi en fin de journée dans le Midwest américain. Une tornade a été signalée dans le comté de Crawford, en Illinois, vers 16 h, heure locale (17 h, heure de l'Est).

Selon des rapports préliminaires, une maison mobile se trouvant près de la communauté de New Hebron aurait été renversée, piégeant ses occupants à l'intérieur. Les premières informations ne faisaient pas mention de victimes de l'événement. Les toits d'au moins trois autres habitations auraient également été arrachés par la force des vents.

Risque de tornade inhabituel

Alors que la température maximale moyenne au milieu de l’Indiana est de 1° à ce temps-ci de l’année, la dernière chose que l’on s’attendrait à observer est un risque de tornades. C’est pourtant ce qui attendait les habitants de cet État, ainsi que ceux de l’Illinois et même de l’Ohio jeudi.

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Après plusieurs mois sans événement violent notable, une série d’orages puissants a touché la vallée de l’Ohio jeudi, avec des risques de phénomènes météorologiques intenses qui pourraient s’étendre jusqu’à la nuit. Ces conditions marquent la première menace significative de temps violent dans la région depuis l’automne dernier.

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Une configuration instable

Un puissant système orageux s'est mis en place sur le Midwest durant la journée et devrait glisser vers l’est par la suite, activant les ingrédients propices à la formation d’orages violents. Cette instabilité avait le potentiel d'engendrer des rafales de vent potentiellement destructrices, de gros grêlons, de fortes pluies pouvant causer des inondations soudaines, et dans certains cas isolés, des tornades.

Jusque dans la nuit

Pour plusieurs secteurs de la vallée de l’Ohio, ce pourrait être le premier orage important de l’année, car certains systèmes antérieurs ont contourné ou partiellement laissé la région à l’écart. L’axe principal de l’activité orageuse s’étend le long du corridor du Mississippi avant de s’étirer vers le sud de l’Ohio, l’est du Kentucky et une partie de la Virginie-Occidentale.

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Les menaces les plus élevées sont attendues autour de Louisville et Indianapolis, où les cellules les plus sévères pourraient se former. Les orages devaient se renforcer dans l’après-midi et se poursuivre jusqu’à la nuit, avec possibilité de foudre qui s'étend vers le sud du Michigan, le nord-est de l’Ohio et l’ouest de la Pennsylvanie.

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Plus au nord

Le risque de tornades est loin d’être fréquent dans cette région au milieu de février. Non seulement il y a 6 fois moins de tornades durant les mois d’hiver qu’au cours de ceux du printemps aux États-Unis, mais de plus, les tornades se produisent habituellement plus au sud, soit autour de l’Alabama et du Mississippi, voire la Louisiane et l’Arkansas. Jeudi, on parle de risque modéré, soit autour de 10 % de voir au moins une tornade de force EF2 à EF5. Le risque de tornade devrait atteindre son point culminant en fin de journée jeudi, alors que l’instabilité va atteindre son maximum. Le risque s’étend notamment au nord jusqu’à quelques kilomètres de Chicago, mais dans ce cas, il chute à 2 %.

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Risque d’inondations locales

Notons que la zone affectée par le risque d’orages violents inclut plusieurs grandes villes comme Indianapolis, St-Louis, Cincinnati, Cleveland et s’étend même jusqu’à Chicago. On parle de plus de 20 millions de personnes qui pourraient subir les foudres de ces orages potentiels. Outre la menace de vents et de tornades, les précipitations pourraient être très intenses sur de courtes périodes. Cela augmente le risque de crues éclair locales, notamment là où les sols sont déjà saturés ou dans les zones urbaines mal drainées.

Avec la collaboration de Nicolas Lessard, météorologue.

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