
Premier 20° de la saison au pays : c'est fait
Pendant que l’est du pays gèle, un air d’été souffle sur l’Ouest canadien. Les premiers 20° ont été observés mercredi en Alberta. Explications.
En bref:
Le mercure a atteint 20,6° le mercredi 4 février à Lethbridge en Alberta;
La douceur domine sur l’ouest du pays, avec notamment 16° à Calgary;
Le chinook, fameux vent chaud, apporte cette douceur hors du commun;
Le froid continue de dominer dans l’est de tout le continent.
Encore Lethbridge
Février vient à peine de commencer que le Canada a déjà enregistré sa première température de 20 °C en 2026. Le mercredi 4 février, la ville de Lethbridge, en Alberta, est devenue la première localité du pays à franchir ce seuil. Le mercure y a atteint 20,6 °C, une valeur remarquable pour cette période de l’année, mais pas totalement inédite dans cette région.

Les vents chinook
Cette poussée spectaculaire des températures s’explique par la présence du chinook, un phénomène bien connu et typique du sud de l’Alberta. Ces vents chauds ont permis au mercure de grimper rapidement. Lorsque l’air doux et humide du Pacifique est forcé de franchir les Rocheuses, il se refroidit en montant vers les sommets. En redescendant vers les contreforts albertains, cet air devient plus sec et se réchauffe rapidement en descendant vers la surface. Le résultat est la formation de vents chauds qui crée souvent de fortes rafales, associés à ce qu’on appelle une arche de chinook, visible autant depuis le sol que par satellite. Ces épisodes sont particulièrement impressionnants durant l’hiver et peuvent provoquer des hausses spectaculaires de température en seulement quelques heures.

Le courant-jet
De plus, la province connaît actuellement une période de douceur inhabituelle. Une ondulation du courant-jet favorise l’installation d’un dôme d’air doux provenant du Pacifique, qui circule à l’est des Rocheuses. Plusieurs régions du sud de l’Alberta profitent également de conditions dignes du printemps, avec des températures nettement au-dessus des moyennes pour la saison.et un mélange de soleil et de nuages. Cette tendance devrait se maintenir encore quelques jours. À Calgary, on prévoit d’ailleurs un maximum de 16° jeudi et de 13° vendredi. Une température exceptionnelle… mais pas impossible
Pas si inhabituel
Pour la plupart des Canadiens, atteindre 20 °C en février peut sembler surprenant. D’ailleurs pendant que les sandales pourraient faire quelques apparitions en Alberta, le ressenti pourrait atteindre -18 à Virginia Beach cette semaine. Le minimum prévu est de -15° samedi matin à New York et de -21° à Montréal. Mais ce type de chaleur hivernale survient occasionnellement dans le sud de l’Alberta. À Lethbridge, par exemple, une température de 20 °C avait déjà été enregistrée le 26 janvier 2015, ce qui demeure l’occurrence la plus précoce observée dans cette station météorologique. Le maximum moyen pour le début de février y est d’ailleurs de 2°.

Comment cette douceur se compare-t-elle au Québec?
Au Québec, atteindre 20 °C en plein hiver demeure beaucoup plus rare. Les Laurentides n’ont évidemment pas le gabarit pour créer un vent comme le chinook, et de toute façon, aucune douceur ne nous est envoyée par les Prairies. Cependant, le Québec peut parfois connaître des périodes de douceur hivernale remarquables lorsque des masses d’air doux provenant du sud remontent vers la Belle Province. Dans le sud du Québec, les températures hivernales records peuvent parfois s’approcher du seuil des 20 °C lors d’épisodes très rares. Plus fréquemment, les redoux majeurs permettent d’atteindre des valeurs dans la dizaine de degrés, ce qui suffit souvent à provoquer de la pluie, de la fonte rapide de la neige et parfois même des crues hivernales.

La principale différence réside dans la rapidité et la fréquence du phénomène. En Alberta, un chinook peut faire grimper le mercure de plusieurs dizaines de degrés en quelques heures seulement. Au Québec, les redoux sont généralement plus graduels et souvent associés au passage de systèmes météorologiques.
La diversité climatique canadienne
Cet épisode de douceur en Alberta illustre parfaitement les contrastes météorologiques du pays. Alors que certaines régions peuvent connaître des conditions quasi printanières en plein hiver, d’autres continuent de composer avec le froid intense et la neige abondante. Même si ces périodes de chaleur hivernale peuvent sembler agréables, elles rappellent aussi la complexité et la variabilité du climat canadien, où l’hiver peut réserver autant de surprises que les autres saisons.
Avec la collaboration de Dr Patrick Duplessis, météorologue.
