
Perséides : la meilleure occasion depuis près de 20 ans
Le pic des Perséides arrive au moment parfait cette année: en pleine nouvelle lune. Avec un ciel plus sombre et moins de lumière, cette pluie d'étoiles filantes pourrait offrir son plus beau spectacle depuis près de 20 ans.
En bref
Le pic des Perséides arrive dans la nuit du 12 au 13 août, au meilleur moment de leur période d'activité.
La nouvelle lune va offrir un ciel plus sombre, donc moins de pollution lumineuse naturelle.
Jusqu'à 100 météores par heure peuvent être visibles, surtout loin des lumières urbaines.
Certaines étoiles filantes pourraient être très brillantes, avec quelques bolides capables d'illuminer le ciel brièvement.
Un retour très attendu
Les Perséides reviennent avec un atout majeur cette année: leur pic d'activité tombe en pleine nouvelle lune. Autrement dit, la Lune ne viendra presque pas éclairer le ciel, ce qui va laisser place à des conditions d'observation beaucoup plus sombres que d'habitude. Pour les amateurs d'étoiles filantes, c'est une excellente nouvelle. Quand le ciel est débarrassé de la lumière lunaire, les météores les plus faibles deviennent beaucoup plus faciles à voir, et même les observateurs moins expérimentés peuvent profiter d'un spectacle plus riche. Si les nuages coopèrent et laissent la place aux météores, ça pourrait être la meilleure cuvée des Perséides depuis près de 20 ans.

Un rendez-vous annuel
Les Perséides sont l'une des pluies d'étoiles filantes les plus connues de l'année. Leur période d'activité s'étend généralement du 17 juillet au 23 août, mais c'est dans la nuit du 12 au 13 août que le spectacle atteint habituellement son sommet. Au moment du pic, on peut espérer voir environ 75 à 100 météores par heure dans des conditions idéales. Bien sûr, ce chiffre représente un potentiel maximal. Pour vraiment s'en approcher, il faut un ciel sombre, peu de nuages et un endroit loin de la pollution lumineuse.
Pourquoi la nouvelle lune change-t-elle tout?
C'est le gros argument de vente cette année. Souvent, même lorsqu'une pluie d'étoiles filantes est active, la lumière de la Lune vient laver le ciel et effacer une bonne partie des météores les plus discrets. Cette fois, avec la nouvelle lune pendant le pic, le ciel va rester beaucoup plus noir. Ça veut dire deux choses:
plus de météores faibles vont devenir visibles;
le contraste du ciel va être meilleur, donc le spectacle va être plus impressionnant.
C'est ce genre d'alignement qui fait toute la différence entre une bonne année et une année vraiment mémorable. Un tel synchronisme ne se présente pas si souvent, ce qui explique pourquoi on parle ici de conditions parmi les meilleures depuis 2007.

Qu'est-ce qu'on va voir?
Les Perséides se produisent chaque année quand la Terre traverse une ceinture de débris laissé par la comète 109P/Swift-Tuttle. Même si la comète est actuellement très loin dans le système solaire, la poussière, la glace et les petits fragments rocheux qu'elle a semés au fil de ses passages autour du Soleil continuent de circuler le long d'une trajectoire semblable. Quand la Terre croise cette traînée de débris, de minuscules particules plongent dans l'atmosphère à près de 60 km/s, soit plus de 200 000 km/h. À cette vitesse, elles compriment l'air devant elles, chauffent très rapidement, se désintègrent et produisent la traînée lumineuse qu'on appelle une étoile filante. Évidemment, ce que l’on appelle une étoile filante n’a rien d’une étoile. Si une véritable étoile pénétrait l’atmosphère de la Terre, le spectacle ne serait pas fascinant, mais bien apocalyptique.

Pourquoi il y en a plus au pic
La ceinture de débris traversée par la Terre n'est pas uniforme. Ses bords sont plus diffus, alors que son cœur est plus dense. Pendant plusieurs nuits, l'activité augmente graduellement, puis le maximum arrive quand notre planète traverse la portion la plus concentrée de cette traînée. C'est pour ça que les Perséides ne se résument pas à une seule nuit figée. Même autour du pic, on voit souvent déjà 30 à 50 météores par heure les nuits précédentes et suivantes, avant et après le maximum. Mais c'est au cœur de la nuit du pic que les chances d'en voir le plus sont les meilleures.
Où regarder dans le ciel?
Même si les Perséides semblent venir de la constellation de Persée, dans le nord-est, les météores peuvent apparaître un peu partout dans le ciel. Il n'est donc pas nécessaire de fixer un seul point précis. Le mieux, c'est de regarder vers une grande portion dégagée du ciel, confortablement installé, et de laisser le temps à vos yeux de s'adapter à l'obscurité. Plus la nuit avance, plus les chances augmentent généralement d'en apercevoir davantage.
Des météores... et parfois des bolides
Toutes les Perséides ne se ressemblent pas. Certaines vont simplement laisser un bref trait discret, visible à peine une seconde. D'autres vont être plus lumineuses et tracer une longue ligne nette dans le ciel. Et puis, il y a les plus spectaculaires: les bolides. Ces météores très brillants peuvent laisser une traînée marquée et, dans certains cas, illuminer brièvement le ciel. Ce sont eux qui provoquent souvent le fameux réflexe de surprise quand tout le monde lève la tête en même temps.
Comment maximiser ses chances
Même avec une nouvelle lune, il reste un ennemi majeur: la pollution lumineuse. Pour profiter au maximum des Perséides, mieux vaut:
s'éloigner des centres urbains autant que possible;
choisir un endroit sombre avec une vue bien dégagée;
éviter les lampadaires, phares et écrans lumineux dans le champ de vision;
laisser ses yeux s'adapter pendant 20 à 30 minutes.
Même en ville ou en banlieue, il y a moyen d'améliorer l'expérience. Un parc local, une cour arrière à l'abri des lumières directes ou un secteur un peu plus sombre peuvent déjà faire une grande différence.
Un spectacle qui vaut le détour
Les Perséides offrent déjà, presque chaque année, un des plus beaux rendez-vous du ciel d'été. Mais cette fois, le fait que le pic tombe pendant la nouvelle lune change vraiment la donne. Avec moins de lumière dans le ciel, plus de météores vont ressortir, et le spectacle pourrait être nettement meilleur que ce qu'on voit certaines autres années.

Les nuages devraient malheureusement compliquer l’observation dans la nuit de mercredi à jeudi. Ils seront bien présents, mais devraient offrir quelques fenêtres d’observation, particulièrement en Gaspésie. S’ils volent trop la vedette, la nuit suivante s’annonce plus propice au spectacle. On parle d’une couverture nuageuse plus légère et d’une concentration de comètes très près des chiffres de la nuit précédente.
Avec la collaboration de Lucile Le Liboux, météorologue.
