Le Québec entame le dernier droit avant de remonter la pente
Le 4 novembre marque un petit cap symbolique : pour la première fois depuis le 6 février, la durée du jour passera sous la barre des 10 heures à Montréal. Oui, on perd encore de la lumière, mais on approche du moment où la tendance va s'inverser.
En bref :
La durée du jour va passer sous la barre des 10 heures à Montréal le 4 novembre;
Le soleil va se coucher avant 16h30 à partir du 10 novembre;
Les journées vont recommencer à allonger le 22 décembre.

Un certain choc
C'est le genre de date qu'on remarque seulement quand on regarde le ciel et qu'on se dit: « comment ça se fait qu’il fait noir, je n’ai même pas commencé à penser au souper?! ». Et pourtant, c'est vrai, et c'est mesurable. Le 4 novembre, Montréal franchit un seuil: la durée du jour descend sous les 10 heures. Il faut remonter au 6 février pour retrouver un jour aussi court dans l'année. On entame maintenant le dernier droit, le bout le plus dur avant que ça reparte dans l'autre sens.

Deux minutes par jour
Actuellement, la perte de lumière quotidienne est d’un peu plus de 2 minutes par jour dans le sud du Québec. Oui c’est rapide, mais rappelez-vous qu’à la fin du mois de septembre, on en perdait plus de 3 minutes chaque jour. Le rythme ralentit. La Terre ne perd pas de lumière au même rythme toute l'année. La vitesse du changement dépend de la position de la Terre sur son orbite et de la latitude. À mesure qu'on approche du solstice d'hiver, la perte quotidienne diminue.
Les seuils à venir
Le rythme va ralentir progressivement au fil des prochaines semaines. Dans un peu plus d’un mois, soit le 10 décembre, on va perdre moins d’une minute par jour. Puis va enfin arriver le point tournant : le solstice. Le 21 décembre n'est pas seulement la journée la plus courte de l'année, c'est aussi le moment où la tendance s'inverse. À partir de là, chaque jour gagne quelques secondes, puis quelques minutes. Et ce gain s'accélère jusqu'au printemps, exactement comme la perte s'est accélérée en automne.
Ce qui est intéressant, c'est que la date de ce point tournant ne bouge presque pas d'une année à l'autre. C'est la structure de l'orbite terrestre qui décide, pas autre chose et sur ce sujet, la Nature est d'une ponctualité remarquable et se fout éperdument de nos débats sur le changement d’heure..

Une fausse impression
Notre perception de la lumière est trompeuse, et c'est pour ça que le mois de janvier donne souvent l'impression d'être plus sombre que décembre. D'abord parce qu'il fait froid, qu'on sort moins, et que le ciel est souvent gris. Ensuite, parce que le gain de lumière est asymétrique: on gagne plus de lumière en après-midi qu'en matinée au début de l'hiver. Donc au lever du jour, le décalage est moins visible pendant plusieurs semaines. C'est autour de la mi-janvier qu'on commence vraiment à sentir la différence, surtout en fin d'après-midi. La remontée commence techniquement le 21 décembre, même si on ne la perçoit que quelques semaines plus tard.

Le soleil prend de l’avance
Comme s’il se préparait à être de moins en moins présent, le soleil va se faire discret au cours des prochains jours. D’ici le milieu de la semaine prochaine, il serait étonnant de le voir plus de la moitié de sa durée maximale. On parle de quelques journées avec un ensoleillement possible de 5 heures, tout au plus. On va devoir se contenter de miettes pour les autres journées, car les nuages vont prendre presque toute la place. Mais restons optimistes, la lumière au bout du tunnel n'est pas qu’une métaphore, elle a un nom et une date. Ce nom est le solstice, et la date est le 21 décembre à 15h50.
Avec la collaboration de Bertin Ossonon, météorologue.
