Le Québec atteint un seuil qui va vous plaire
C’est un seuil photogénique et lumineux que Montréal vient de franchir : le soleil fait maintenant des journées de 15 heures. Explications.
En bref :
À Montréal, les journées durent maintenant au moins 15 heures;
On va demeurer au-dessus de la barre des 15 heures jusqu’à la fin du mois de juillet;
La métropole aura un maximum de lumière du jour de plus de 15 h 40 lors du solstice d’été.

Prolongation
Non, ce n’est pas une impression, c’est bien le moment de l’année où les soirées commencent à imiter les Canadiens et jouer les prolongations. Le cap a été franchi le 18 mai dans la métropole, mais il l’est depuis le 9 mai à Gaspé, le 11 mai à Val-d’Or, le 1er mai à Fermont et le 17 avril à Salluit.
Non c'est pas fini ...
Et c’est loin d’être terminé, les journées continuent de s’étirer. À titre de comparaison, le 1er mai, on parlait plutôt de 14 h 16 de lumière du jour, alors que le 31 mai, on en comptera 15 h 25. En un mois, on gagne donc plus de 70 minutes de lumière. À Sept-Îles notamment, on gagne plus de 80 minutes durant la même période.

Une journée qui déborde de plus en plus
Prenons à titre d’exemple le 19 mai. Le soleil se lève sur Montréal autour de 5 h 19 et se couche vers 20 h 22. Oui, ça commence à ressembler à des journées qui refusent de finir. Les rideaux opaques deviennent une nécessité pour ne pas se réveiller avant même le début des émissions de radio matinales.
Le soleil garde le rythme
Et le plus intéressant, c’est que le rallongement se poursuit encore à bon rythme. Ces jours-ci, Montréal gagne un peu plus de 2 minutes de lumière par jour et va garder ce rythme encore quelques jours. On n’est plus dans le petit ajustement discret : on est dans le mode “chaque soirée dure visiblement plus longtemps que la précédente”. Si le Canadien étire sa série face aux Hurricanes de la Caroline, on viendra près de terminer la deuxième période avant le coucher du soleil.

On est loin du creux de l’hiver
Ce seuil de 15 heures paraît encore plus impressionnant quand on le compare à décembre. Autour du solstice d’hiver, Montréal reçoit à peine un peu plus de 8 h 40 de lumière du jour. En clair, la ville profite maintenant d’environ 6 h 20 de clarté de plus qu’au moment le plus sombre de l’année. C’est presque l’équivalent d’une deuxième petite journée qui s’est discrètement ajoutée à l’horaire. En fait, c’est le cas à Sept-Îles notamment. Le 21 juin, la journée est plus de deux fois plus longue que celle du 21 décembre.
Vu comme ça, on comprend mieux pourquoi tout le monde commence soudainement à souper dehors, à dire “il est encore tôt” passé 20 h 00 et à étirer l’apéro sur la terrasse jusqu’après que les plus jeunes soient couchés.
Sommet droit devant
Le compteur continue de grimper jusqu’au solstice d’été, vers le 21 juin, qui offrira à Montréal sa plus longue journée de l’année avec plus de 15 h 40 de lumière du jour. Autrement dit, même après le passage du cap des 15 heures, il reste encore 40 minutes de clarté à gagner avant le grand maximum annuel. Le soleil n’a donc pas encore atteint son mode final; il est encore en train de gonfler la mise. On pourra d’ailleurs en témoigner vers la fin de la semaine, alors que le soleil devrait briller abondamment sur la Belle Province.

Quelques ajouts
La durée officielle du jour compte seulement le temps entre le lever et le coucher du soleil. Mais dans la vraie vie, la sensation de lumière dure encore plus longtemps grâce à l’aube et au crépuscule. À cette période de l’année, il commence à faire clair bien avant le lever officiel du Soleil, et la luminosité persiste longtemps après son coucher. Résultat : les journées paraissent encore plus longues que ce que dit le tableau des météorologues. Le Soleil quitte peut-être techniquement la scène, mais il traîne encore dans les coulisses.
Pourquoi ça va si vite en mai?
Le printemps est la grande saison des gains rapides. À mesure que l’hémisphère Nord est de plus en plus incliné vers le Soleil, la durée du jour augmente très vite, surtout en mars, mais encore en mai. C’est cette mécanique qui donne l’impression qu’en mai, tout s’emballe d’un coup :
les matins deviennent franchement plus lumineux;
les soirées s’étirent;
la notion de “fin de journée” devient un peu théorique.
La différence tient dans le fait que lors des plus importantes augmentations de durée du jour, soit en mars, il fait encore assez froid, on n’a pas encore rangé la pelle et démonté l’abri d’auto, on passe donc plus de temps à l’intérieur. Bref, Montréal vient d’entrer dans ce moment délicieux de l’année où la lumière prend ses aises. Les terrasses s’étendent, les soupers finissent tard, et le Soleil semble avoir décidé qu’il n’était pas pressé de rentrer.
Avec la collaboration d'Alexandra Giroux, météorologue.
