Jusqu’à 30° au pays : le Québec sera-t-il du bon côté?
L’été pourrait effectuer une dernière poussée dans l’ouest du pays, mais le Québec devra passer son tour et probablement attendre jusqu'en 2027. Prévision.
En bref :
La chaleur s’accroche dans l’ouest du pays cette semaine;
Les températures seront sous les normales dans tout l’est du Canada;
Un ressenti de 30 est possible dans le sud du Québec mercredi;
Un véritable 30° est possible cette semaine dans le sud de la Colombie-Britannique.
Passé la date de péremption
Le cœur de l'été est désormais chose du passé pour la majorité du pays. Le Canada vient d’ailleurs tout juste d'enregistrer son premier -10 °C de la saison. Oui, c’était au Nunavut, mais on parle quand même d’un minimum de -14 °C. La plupart des grandes villes ont déjà dépassé la date moyenne de leur dernière journée à 30°. Malgré ce refroidissement généralisé, la chaleur estivale n'a pas dit son dernier mot partout, et les prochains jours pourraient encore permettre à certaines régions du pays de flirter avec la barre des 30°.

Une poussée de chaleur venue du sud
Depuis que Lytton, en Colombie-Britannique, a inscrit le tout premier 30° de l'année au Canada le 20 avril dernier, la chaleur a été au rendez-vous à plusieurs reprises. Bien que les températures se soient calmées récemment, on continue d'observer des probabilités accrues de maximums au-dessus des normales saisonnières pour une bonne partie du pays au cours des cinq à sept prochains jours.

Un dernier pic pour certains
Le gros de cette chaleur devrait toutefois demeurer concentré du côté états-unien, où une séquence quasi historique pour cette période de l'année est attendue, mais son influence va tout de même se faire sentir jusqu'au Canada. Le secteur le plus susceptible d'atteindre à nouveau les 30° au cours des prochains jours se trouve en Colombie-Britannique, jeudi et vendredi, alors que les températures devraient approcher ce seuil dans le sud de la province, notamment à Lytton, Kamloops et Osoyoos.
Le Québec n’est pas dans le scénario
Le portrait est complètement différent plus à l'est. Le schéma d’anomalies de température prévues pour la période du 20 au 25 septembre montre bien le contraste : alors que la chaleur s'accroche dans l'Ouest et le Nord canadien, le Québec devrait plutôt composer avec des températures sous les normales de saison.

Ressenti de 30 possible
Cela dit, un sursaut de chaleur plus modeste pourrait tout de même se glisser dans le sud de la province en début de semaine, mais sans atteindre la barre des 30°. Le mercure devrait plutôt culminer autour de 25° mercredi, avec une humidité qui pourrait faire grimper le ressenti jusqu'à 30. Ce pic sera de courte durée, puisque les températures vont redescendre rapidement, avec un retour de la fraîcheur dès la fin de semaine.
Possible, mais peu probable
Sans surprise, un vrai 30° officiel serait exceptionnellement tardif au Québec. Un survol des derniers 30 degrés les plus tardifs de l'histoire dans la province montre des dates qui dépassent rarement la fin septembre : le 25 septembre 2017 à Saguenay et à Val-d'Or, le 20 septembre 2021 à Waskaganish, ou encore le 16 septembre 2024 à Sept-Îles. Un vrai 30° en cette fin de semaine de septembre serait donc loin d'être impossible historiquement, mais rien dans les prévisions actuelles ne pointe dans cette direction pour le Québec.
Quand voit-on habituellement notre dernier 30° de l'année?
Le moment où chaque région dit adieu à la chaleur estivale varie énormément d'un bout à l'autre du pays. En moyenne, sur les dix dernières années, Edmonton sort de la chaleur profonde dès le 1er août, suivi de communautés du nord de l'Ontario comme Timmins (17 août), puis des Maritimes avec Fredericton (24 août). Des villes comme Saskatoon et Brandon suivent au tout début septembre, tandis que Kamloops et Toronto ferment la marche parmi les grandes villes canadiennes, avec une date moyenne autour du 6 et du 10 septembre respectivement.

Des poussées d'exception
Ce ne sont toutefois que des moyennes, et il est tout à fait possible d'enregistrer une chaleur importante bien plus tard dans l'année. Le record du 30° le plus tardif jamais enregistré au pays revient à Maple Creek en Saskatchewan, où le mercure avait grimpé à un impressionnant 30,6 °C le 25 octobre 1924, il y a donc plus d'un siècle. Plus près de nous, quatre des cinq dernières années ont vu le mercure dépasser les 30° quelque part au pays en plein mois d'octobre : au Nouveau-Brunswick en 2025, en Ontario en 2023, en Colombie-Britannique en 2022, et en Saskatchewan en 2021.
Avec la collaboration de Nicolas Lessard, météorologue.
