Isaias : le premier ouragan de la saison pourrait être percutant
La tempête tropicale Isaias s'est formée mercredi dans le golfe du Mexique et pourrait devenir dès jeudi le tout premier ouragan d'une saison atlantique jusqu'ici remarquablement tranquille. Détails tropicaux.
En résumé :
Isaias est devenu une tempête tropicale mercredi matin, et une intensification est attendue;
il pourrait atteindre des vents de 175 km/h au-dessus du golfe, soit un ouragan de catégorie 2;
il devrait s'approcher de la côte nord du golfe du Mexique vendredi, entre la Louisiane et la Floride.
Une saison qui dormait au gaz
Huit tempêtes nommées depuis juin, d'Arthur à Hanna, et pas un seul ouragan. Le super El Niño, qui renforce le cisaillement des vents au-dessus de l'Atlantique, a gardé la saison au neutre. Mais en ce début d'octobre, le golfe du Mexique a décidé de se réveiller.

De simple dépression à tempête nommée
Mardi, ce n'était encore que la dépression tropicale numéro 9. Et voilà que mercredi matin, les orages se sont resserrés autour du centre, et une bouée a capté des vents soutenus de 65 km/h. Le Centre national des ouragans des États-Unis a donc officialisé Isaias en temps que tempête tropicale.
Un bain chaud comme carburant
Isaias nage dans une eau à 30 ou 31 °C, gorgée d'humidité. Le cisaillement, ces vents qui changent de force avec l'altitude et décoiffent les orages, reste faible à modéré. La table est mise pour une montée en puissance : Isaias pourrait bien devenir un ouragan jeudi, et culminer autour de 175 km/h dans la nuit de jeudi à vendredi.

Rendez-vous vendredi sur la côte américaine
Le cisaillement devrait reprendre du muscle juste avant son arrivée, ce qui pourrait l'essouffler un peu, mais il devrait tout de même toucher la côte comme un ouragan plutôt costaud. On attend de 150 à 200 mm de pluie dans le sud de l'Alabama et le nord-ouest de la Floride. Son itinéraire final reste toutefois à écrire, et chaque mise à jour pourrait redessiner la carte.

Isaias, c'est la preuve qu'une saison tranquille n'est jamais terminée… tant que l'eau reste chaude.
Avec la collaboration de Christine Duguay, météorologue.
