Hiver d’antan au Québec : vous n’avez encore rien vu
Si vous trouviez que la première moitié de l'hiver avait du mordant, mieux vaut vous préparer pour la seconde.
En bref :
La première moitié de l'hiver a été plus froide que la normale;
Une crête en Alaska emprisonnera le froid sur le Québec jusqu'en février;
Malgré des oscillations de température, on devrait terminer sous les normales.
De l’« hiver d’antan » mignon à l’« hiver d’antan » sérieux
Jusqu'à présent, l'hiver a tenu sa promesse, telle que détaillée dans notre aperçu de la saison froide, d'un retour aux sources : un « hiver d’antan ». Du 1er décembre au 14 janvier, les températures ont été sous les normales saisonnières pour la quasi-totalité de la province, à l'exception de secteurs comme Val-d'Or et Chibougamau, qui sont demeurés près de la moyenne. À noter : la période de redoux prolongée de la dernière semaine est venue atténuer cette anomalie, car décembre a été particulièrement froid.

Donc on a eu du froid, c'est indéniable, mais pas tant de journées très froides, par exemple sous la barre des -20 °C dans le sud. Dans les semaines qui viennent, on risque d’y goûter.
Le froid piégé sur le continent
Après le répit clément de ce week-end et de lundi, la configuration atmosphérique va se verrouiller. Une crête (un dôme de haute pression) devrait se positionner sur l'Alaska pour un bon moment.

Ce blocage aura pour effet de bloquer l'air arctique sur le continent nord-américain. Le froid sera poussé vers le sud et l’est, donc vers le Québec, et devrait y stagner. Cette situation devrait perdurer au moins jusqu’à la fin du mois de janvier et devrait teinter l'ensemble de la deuxième moitié de la saison.
2e moitié plus froide : normal et pas normal
Climatologiquement parlant, la deuxième moitié de l’hiver est généralement plus froide que la première. Ce décalage par rapport au solstice d'hiver (21 décembre) s'explique par l'inertie thermique de l'atmosphère et des grandes étendues d’eau. Mais on est maintenant loin des dernières chaleurs qu'ont pu emmagasiner les masses d’air ou les océans. Le froid est donc bien installé sous nos latitudes.

Les prévisions indiquent que, comme pour la première moitié, les températures devraient être plus basses que la normale (déjà glaciale) de la deuxième portion de la saison. Et l'écart par rapport à la normale pourrait même être encore plus grand qu'en première moitié, mais cela demeure incertain à ce stade-ci. Quoiqu'il en soit, les maux de tête pour démarrer la voiture et le givre dans les cils risquent de devenir beaucoup plus fréquents.
Quelques redoux possibles
Est-ce que ce sera le froid polaire sans interruption jusqu'en mars? Pas nécessairement. Comme depuis le début de la saison, des oscillations sont attendues. On surveille la possibilité d'une ou deux brèves périodes de redoux en février. Toutefois, ces pauses seront l'exception plutôt que la règle. Le froid sera le maître incontesté de la fin de l'hiver 2026.

Avec la collaboration de Kevin Cloutier, météorologue.